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RDC : le recours répété aux mercenaires étrangers pointé du doigt

Redigé par IGIHE
Le 11 février 2026 à 04:05

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Amb. Olivier Nduhungirehe, a dénoncé le recours répétitif de la République démocratique du Congo (RDC) à des mercenaires étrangers, constituant une violation manifeste de différentes conventions internationales dans un contexte de conflit de plus en plus intense à l’est du pays.

Dans une déclaration publiée sur X, l’ambassadeur Nduhungirehe a dénoncé le déploiement en RDC de mercenaires étrangers, s’interrogeant sur le silence que manifestent différentes organisations face à cette situation.

« Je rappelle que, en ayant recours de manière répétée à des mercenaires étrangers, le gouvernement de la RDC défie la communauté internationale en violant la Convention de l’OUA pour l’élimination du mercenariat en Afrique, adoptée à Libreville le 3 juillet 1977, ainsi que la Convention internationale contre le recrutement, l’utilisation, le financement et la formation de mercenaires, adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU le 4 décembre 1989 (résolution 44/34). »

« Le Conseil de sécurité de l’ONU, l’Union africaine et la communauté internationale continueront-ils à fermer les yeux face à cette violation persistante du droit international ? » a-t-il ajouté.

En effet, les propos du ministre font directement référence à une enquête exclusive de Reuters détaillant l’implication d’Erik Prince dans le conflit en RDC.

Alors que l’AFC/M23, en conflit ouvert avec le gouvernement congolais, avait capturé la ville d’Uvira le 9 décembre 2025 et progressé vers le centre de Makobola, les forces spéciales congolaises des unités «  Hiboux  » et «  Cheetah  » avaient lancé, fin décembre, de lourdes attaques contre les positions rebelles, recourant à un armement lourd, des avions de combat et des drones.

Selon Reuters, Erik Prince avait déployé, le 10 janvier 2026, une équipe de sécurité privée ayant pour mission de piloter les drones, aux côtés de conseillers israéliens qui ont formé deux bataillons des forces spéciales congolaises aux opérations de combat de jour comme de nuit, bien que le mandat des Israéliens se limite strictement à la formation.

Les 17 et 18 janvier, l’AFC/M23 a annoncé le retrait de tous ses combattants de la ville, après que les États-Unis eurent indiqué que, si ce retrait était effectif, les pourparlers de paix à Doha, au Qatar, pourraient reprendre.

Ce retrait a conduit à ce que les forces congolaises et les milices alliées réintègrent la ville dans la matinée du 18 janvier, où des scènes de chaos, de pillages et d’exactions ont depuis été signalées régulièrement.

Selon les sources, l’équipe de Prince avait fourni un soutien par drones aux forces spéciales et à l’armée congolaises à Uvira avant de se retirer pour se recentrer sur des missions de collecte de revenus.

L’an dernier, suite au retrait de centaines de mercenaires roumains ayant combattu aux côtés des Forces armées de la RDC (FARDC) après leur défaite face aux rebelles du M23 à Goma, le gouvernement du président Félix Tshisekedi aurait engagé la société militaire privée Blackwater, fondée en Colombie par Erik Dean Prince.

La déclaration de l’ambassadeur Nduhungirehe fait écho à la position de longue date du Rwanda selon laquelle le recours par la RDC à des combattants étrangers compromet les efforts de paix dans la région.

Le ministre Nduhungirehe a dénoncé le recours répétitif de la RDC à des mercenaires étrangers qui constitue une violation de différentes conventions internationales

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