Richard Kamanzi passe l’arme à gauche

Redigé par Tite Gatabazi
Le 23 février 2026 à 12:57

Richard, tu n’avais que cinquante-sept années, trop brèves pour un cœur si vaste, pour une âme si droite. Où t’en vas-tu ainsi, si tôt, si brusquement, arraché à notre affection comme on déracine un arbre encore vigoureux ?

Ta disparition, survenue de manière inopinée, laisse en nous une stupeur mêlée d’incrédulité, comme si le ciel lui-même avait, l’espace d’un instant, suspendu son cours.

Tu fus l’incarnation même de la bienveillance, la figure accomplie de l’homme dont l’amour de la patrie était chevillé au corps. Serviteur loyal de la Nation, tu as traversé les heures les plus sombres de notre histoire avec une constance qui forçait le respect.

Lors de la libération du Rwanda, quand l’orage grondait et que l’horizon semblait bouché par les fureurs de l’Histoire, tu as tenu bon. Là où d’autres eussent vacillé, tu as résisté aux phénomènes les plus intenses et les plus périlleux, offrant ta jeunesse, ton courage et ton intelligence à la cause d’un pays qui renaissait de ses cendres.

Dans les missions extérieures, loin des tiens, tu as porté haut le drapeau national, avec cette dignité sobre qui caractérise les hommes de devoir.

Ton grade, Rtd CSP Richard Kamanzi, rappelle l’itinéraire officiel d’un serviteur de l’État. Mais pour nous, pour ceux qui t’aiment et te pleurent, tu demeures simplement Richard : un frère en humanité, un compagnon fidèle, un homme dont la parole rassurait et dont le regard apaisait.

Il y avait en toi une patience peu commune, une tolérance forgée par l’épreuve, une capacité rare à accueillir les fragilités d’autrui sans jamais juger. Nos enfants auraient pu être cousins, n’eussent été les vicissitudes de l’existence ; tant nos destins se frôlaient, tant nos valeurs s’entremêlaient. Tu savais créer des ponts là où d’autres érigeaient des murs.

Et que dire à Cynthia ? Celle auprès de qui tu avais retrouvé ce sourire lumineux que les épreuves avaient enfoui dans les méandres de ton silence. Elle qui voyait renaître en toi cette joie de vivre discrète mais authentique, fruit d’une fidélité à l’espérance. À elle, à ta famille, à ceux que tu laisses dans l’affliction, nous devons la consolation des mots justes et la chaleur d’une présence fraternelle.

Telle une comète traversant le firmament, tu sembles t’être éloigné trop vite de notre horizon. Mais les comètes, si brèves soient-elles, marquent à jamais la mémoire du ciel. Ainsi en est-il de ton passage parmi nous : lumineux, intense, inoubliable.

Tu as servi du mieux que tu as pu ; tu as donné et plus encore, tu t’es donné. Tu n’as pas compté tes heures, ni ménagé tes forces lorsque l’honneur, la justice ou l’amitié l’exigeaient.

Puissent nos bénédictions t’accompagner dans ce voyage vers l’invisible. Que le Très-Haut, dans Sa miséricorde infinie, te distingue parmi les justes et t’accorde la paix réservée aux serviteurs fidèles.

Adieu, Richard.

Ton nom demeure gravé dans nos cœurs, comme un sceau d’intégrité et de bonté, et ta mémoire continuera d’inspirer ceux qui, à ton exemple, choisissent la droiture plutôt que la facilité, le service plutôt que l’orgueil, l’amour de la patrie plutôt que l’indifférence.


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