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Habyarimana , l’Architecte-en-Chef du Plan du Génocide contre les Tutsi

Redigé par Amb. François-Xavier Ngarambe
Le 9 avril 2026 à 08:24

Dans un article précédent, publié par Igihe le 02 Avril 2026, j’ai présenté un résumé de ma recherche sur la manière dont Habyarimana fut, depuis son jeune age, imprégné de l’idéologie du PARMEHUTU, qui évoluera graduellement pour se transformer en idéologie du génocide contre les Tutsi.

J’ai montré également comment, sous son regime, il en fut un apotre zélé, au point d’en faire d’abord une idéologie d’Etat, pour en faire ensuite une idéologie populaire qu’il souhaitait inculquer à tous les Hutu.

Le present article montre comment, d’apotre zélé de cette idéologie, il devint l’architecte principal du plan de sa mise en oeuvre.

Tout avait commencé avec une prise de pouvoir marqué par l’élimination de toute la classe politique du regime qu’il venait deposer par un coup d’Etat en 1973.

Le crime fondateur du régime de Habyarimana

Entre 1959 et 1964, d’abord sous la tutelle Belge, ensuite sous le régime du PARMEHTU, la moitié des Tutsi vivant alors au Rwanda furent soit tués, soit chassés du pays, soit parqués dans des camps dans des zones fortement inhospitalières, dans le sud-est du pays.

Le rôle de Habyarimana et de la jeune armée, dont les coopérants belges lui confièrent le plein commandement à partir de juin 1963, fut déterminant dans ces crimes du PARMEHUTU. C’est en considération de ses prouesses comme exterminateur impitoyable que, en 1965, Kayibanda jeta son dévolu sur Habyarimana. Il lui confia alors le ministère de la défense, avec des expressions ostentatoires de confiance dans celui qu’il considérait comme un pur produit de la « révolution de 1959 ».

Il ne pouvait se tromper davantage. En effet, celui qu’il considérait comme un militaire apolitique à son service nourrissait en secret de profondes ambitions pour la magistrature suprême. D’ailleurs, à partir de 1966, la probabilité d’un coup d’Etat par Habyarimana figurait déjà dans certains rapports diplomatiques confidentiels. La cécité de Kayibanada sur son fidèle gardien dura jusqu’en Avril 1973. C’est seulement en plein milieu des violences anti-tutsi de 1973 que Kayibanda se rendit compte que Habyarimana, qui y avait apporté son plein appui, en réalité avait récupéré ces troubles.

Il en avait fait la base de son plan de causer une situation d’insécurité généralisée, et d’amener au bord de l’éclatement le schisme Nord-Sud au sein du PARMEHUTU, grandissant depuis surtout 1968. Entre avril 1973 et juillet 1973, le moment où Habyarimana fit tomber le régime, il était trop tard pour Kayibanda d’organiser une quelconque parade. Finalement, dans la nuit du 4 juillet au 5 juillet, Habyarimana fit tomber le régime comme un fuit mûr, et alla cueillir comme des mouches le gratin de la Première République qui était rassemblé ce soir-là au domicile de Kayibanda.

Habyarimana fut, depuis son jeune age, imprégné de l’idéologie du PARMEHUTU, qui évoluera graduellement pour se transformer en idéologie du génocide contre les Tutsi

Ensuite, Habyarimana ordonna l’arrestation, et, plus tard, la mise à mort d’une très grande partie de l’élite du PARMEHUTU, appliquant sur eux une leçon majeure apprise d’eux et appliquée pour leur compte : l’élimination physique de tout concurrent politique d’envergure, réel ou potentiel. En effet, sous une « république du peuple hutu majoritaire » soi-disant rénovée que Habyarimana souhaitait instaurer, les pionniers de la « révolution de 1959 » et leurs proches étaient, à ses yeux, des concurrents à éliminer d’office.

Par le mensonge répété, imposer des faits invraisemblables comme des vérités
Après le coup d’Etat et le massacre qui s’en suivit, Habyarimana fit montre d’une redoutable capacité de faire accréditer des « vérités alternatives » qui arrangent ses plans.

Ce fut d’abord, comme développé dans un article précédent, en transformant son échec académique en une circonstances l’ayant providentiellement conduit vers son dessein de servir son peuple, comme une mission divine.

Malgré l’importance de clarifier les tenants et aboutissants de sa prise de pouvoir par un coup d’État, Habyarimana ne donna jamais les explications plusieurs fois promises sur ce qu’il présenta comme une action spontanée et patriotique des forces armées « pour sauver le pays du désordre pourri qui allait dégénérer en catastrophe ».

Il crut bon de conclure ce sujet par une série de versions invraisemblables et contradictoires sur son emploi du temps dans la nuit du 4 au 5 juillet 1973, le soir du coup d’État. Cela n’empêcha pas Habyarimana de s’imposer rapidement comme le nouveau « père de la nation » dont le peuple chantait les louanges à en perdre haleine et répétait machinalement des extraits de ses discours diffusés plusieurs fois par jour avant chaque journal radiodiffusé.

À la thèse d’une prise de pouvoir improvisée et sans effusion de sang, Habyarimana ajoutait régulièrement l’hypocrisie de chanter les louanges de ceux qu’il avait froidement assassinés après son putsch. L’apogée de cette posture cynique fut atteint en 1982 lors des cérémonies marquant le vingtième anniversaire de l’indépendance du Rwanda, lorsqu’il couvrit déloges ses propres victimes, comme des « martyrs, des enfants de la patrie qui ont sacrifié leur vie, dans la juste libération de notre peuple ».

Mensonge, cynisme et manipulation pour bâtir une légitimité de nouveau père de la nation

Après le coup d’Etat de 1973 l’élimination de la classe politique déposée, Habyarimana opta pour, soit de nier les faits, soit de les déformer, pour se débarrasser de son image de criminel illégitime. C’est dans ce but qu’il bâtit toute une stratégie personnelle de communication pour imposer, par le mensonge répété, l’image d’un homme de paix et d’unité, bon père de famille, de catholique convaincu et pratiquant ; celle d’un homme qui, à priori, ne pouvait commettre aucun crime.

C’est dans ce but que, usant de ses qualités redoutables de manipulateur, Habyarimana se fit prévaloir de la qualité de gardien légitime de l’héritage de la « révolution de 1959 », malgré le fait d’en avoir éliminé les pionniers. Ainsi, en 1978, la nouvelle constitution qu’il promulgua célébrait en préambule « l’œuvre de libération entreprise par la Révolution de 1959 ». Pour affirmer sa fidélité au PARMEHUTU, qu’il avait pourtant dissous, il en réédita le manifeste en 1984.

Et c’est avec la même capacité, ou à tout le moins la même intention de se préserver une image de dirigeant irréprochable, que Habyarimana n’hésita pas à affirmer l’invraisemblable, à savoir qu’il aurait tout ignoré de ces « héros » du PARMEHUTU dont il chantait les louanges et qu’il avait pourtant fait froidement assassiner. Le scénario d’un militaire, en l’occurrence le major Lizinde, qui aurait décidé d’exterminer plus de cinquante personnalités de premier plan, à l’insu de la hiérarchie politique et militaire, était à la limite risible. Ce narratif ne convainquit personne doté d’un minimum de sens critique, surtout au vu du contrôle total connu de Habyarimana sur l’ensemble des rouages de l’Etat, notamment sur le système de sécurité.

Habyarimana dirigea les manœuvres destinées à créer la mouvance hutu power au sein des partis d’opposition

Cependant, peu importe que ce scénario soit invraisemblable, car, sous le règne du super manipulateur, l’essentiel était que ce soit dit par un juge, et que ceux qui croyaient le contraire se taisent.

Quant à l’image du catholique pratiquant, celle-ci n’était que de façade, à l’opposé de la vraie nature de Habyarimana qui n’avait pas hésité à commettre le péché capital d’homicide multiple, pour servir ses intérêts politiques. C’est cette même personne faussement croyante en Dieu, et faux apôtre de la paix et de l’unité, qui avait instauré un régime de quasi-apartheid pour contrôler ou exclure les Tutsi. C’est le même faux apôtre de la paix qui galvanisait ses miliciens et les incitait à cette violence sans limite qui allait les caractériser lors du génocide contre les Tutsi.

Ce catholicisme revendiqué, même si loin de la réalité du personnage, servait efficacement à séduire un peuple également majoritairement catholique pratiquant, et à s’assurer le soutien indispensable du tout puissant archevêque représentant l’Eglise catholique, ainsi que celui de l’Internationale Démocrate-chrétien.

En parallèle, en équilibriste hors-pair, Habyarimana exploitait à son avantage les mentalités et croyances intimes de ceux originaires de sa région du Bushiru, où tous les malheurs étaient promis à ceux qui ne respectaient pas le culte de Nyabingi. Ce faux catholique pratiquant prit dans ce but des dispositions pour projeter l’image d’homme du Bushiru profond, dont il voulait faire le noyau de sa base de fidèles inconditionnels.

C’est à ce titre qu’il fit émerger Mbonabaryi, son parrain de baptême catholique, et, selon des sources bien informées, son parrain dans le culte de Nyabingi. Mbonabaryi était son oncle maternel, frère de sa mère Nyirazuba, et le doyen des descendants hommes du roi Nyamakwa III Nditunze, le dernier prêtre officiel du culte de Nyabingi. Autour de Mbonabaryi, Habyarimana noyauta la gouvernance officielle par le rôle parallèle occulte et tout puissant de l’Akazu, cette organisation politico-mafieuse de triste mémoire.

Par toutes ces manœuvres, Habyarimana voulait s’imposer comme le dirigeant suprême de la « nouvelle république du peuple hutu majoritaire », qui serait dans la continuation de la première. Il avait manœuvré de manière à concentrer en sa personne l’autorité politique et militaire suprême, le protecteur de l’identité catholique du pays, et le protecteur du pouvoir spirituel traditionnel de sa région.

Toutes ces manœuvres et ces manipulations en firent ainsi une personne respectée par ses fidèles et crainte par ses adversaires atterrés, à cause de ses pouvoirs tant officiels qu’occultes. C’est grâce à cela qu’il pouvait commettre ou faire commettre divers crimes destinés à renforcer son pouvoir, en se préservant la possibilité de les nier ou de les attribuer plus tard à des mandataires occultes

Une fausse image de dirigeant impuissant et encerclé pour se faire absoudre de ses crimes

A travers le parti-Etat MRND et l’armée dont il était le chef incontesté, Habyarimana avait une mainmise totale sur l’exécutif, le législatif, la justice, la défense, la sécurité et la sureté. Ses collaborateurs de l’époque l’ont décrit un homme qui contrôlait jusqu’à la mutation d’un caporal d’une unité à l’autre. Pour s’assurer de la loyauté d’une clique de fidèles indispensables à son pouvoir, il laissa les membres de l’Akazu s’enrichir et régner sur divers domaines spécifiques, politiques, sécuritaires, économiques ou autres.

Dans ce système, ce sont ces fidèles qui, en échange de la confiance du chef, du pouvoir et des richesses auxquels il les faisait accéder, commettaient à son profit tous les crimes nécessaires à la protection de son régime. Dans cette catégorie, le crime le plus retentissant d’avant 1990 fut l’assassinat du colonel Mayuya, qualifié à tort ou à raison par l’opinion publique de « seul candidat potentiel valable pour un remplacement éventuel du chef de l’État ».

Or, pour un chef d’État qui n’était protégé de la justice que par son statut, éliminer toute autre personne présidentiable était une question de vie ou de mort. Le scénario risible diffusé par le pouvoir suggérait qu’une main invisible aurait commandité l’assassinat de l’un des meilleurs officiers de l’armée, et qui était un membre du premier cercle des proches du Président ; ensuite, cette main invisible aurait fait poursuivre, attraper puis assassiner l’assassin ; enfin, cette main invisible aurait contrôlé la justice au point de faire enterrer en règle un dossier aussi lourd, après un semblant de poursuite contre trois officiers qui furent rapidement libérés. Pour ce crime comme pour les autres jamais élucidés, la responsabilité de celui qui était chef d’État et avait un contrôle total sur tous les organes politiques et de sécurité, est par défaut, la seule hypothèse sérieuse.

Depuis 1973, Habyarimana et ses co-putschistes vivaient dans la peur qu’un jour la justice ne les rattrape pour leurs nombreux crimes, surtout pour l’assassinat de l’élite de la Première République

Habyarimana trace la dernière ligne droite vers le crime des crimes

Depuis 1973, Habyarimana et ses co-putschistes vivaient dans la peur qu’un jour la justice ne les rattrape pour leurs nombreux crimes, surtout pour l’assassinat de l’élite de la Première République. Pour parer à cette éventualité, ils mirent le pays sous la coupe du MRND, un Parti-Etat ne permettant, de par ses statuts, aucune voix dissonante. Cependant, dans ce climat de terreur, si les veuves et orphelins des personnalités assassinées après le coup d’Etat étaient apeurés et silencieux, ils n’oubliaient pas.

Le régime scrutait leurs réactions lorsque survint l’affaire Lizinde / Kanyarengwe qui ouvrit les yeux de Habyarimana sur une vérité terrible : il n’était pas impossible que, de l’intérieur, d’ambitieux collaborateurs ne le renversent un jour et ne lui fassent rendre compte de tous les crimes du régime, peu importe que eux-mêmes y aient joué un rôle, comme par ailleurs lui-même l’avait fait contre son prédécesseur.

Le régime joua alors son va-tout en faisant porter la responsabilité de ces crimes à ses propres exécutants des basses besognes, en l’occurrence le Major Theoneste Lizinde, et un nombre de présumés complices. Ce stratagème échoua lamentablement en 1985. Ce n’est pas une coïncidence si, juste après, en 1986, le régime radicalisa sa position sur le problème des réfugiés, les poussant délibérément dans la tentative de retour par la force comme seule solution.

Le plan était alors d’appliquer la doctrine datant du temps du PARMEHUTU, et qui consisterait à unir tous les Hutu, y compris les Hutu victimes du régime, dans une guerre de légitime défense contre l’ennemi commun tutsi, accusé en miroir de vouloir exterminer les Hutu. Le résultat de ce calcul machiavélique devait être de détourner l’attention, jusque-là portée sur les crimes du coup d’État de 1973, et d’orienter les esprits vers ce phénomène de dimension de loin supérieure que serait le génocide contre les Tutsi.

En outre, le régime planifia d’impliquer les victimes hutu du putsch de 1973 dans le génocide contre les Tutsi, ce qui ferait perdre à ces victimes tout désir et toute autorité morale de remettre à l’ordre du jour les assassinats liés au coup d’État. Le crime gravissime de l’élimination des pionniers de la république du « peuple hutu majoritaire » allait ainsi devenir un détail de l’histoire.

Lorsque le FPR lança la guerre en octobre 1990, il est très significatif que les ténors du régime se fendirent de déclarations de satisfaction que leur plan avait marché, et que la guerre leur donnait enfin l’occasion recherchée de mettre en route le plan génocide. Depuis lors, pour s’assurer que le plan réussisse comme il le souhaitait, Habyarimana s’impliqua personnellement dans la mise en place des conditions pour un génocide qui serait un crime de masse « populaire », dans lequel tous les Hutu, y compris et surtout ses victimes du Sud, seraient impliqués et poussés à exterminer tous les Tutsi.

C’est ainsi que, personnellement, il commença par diriger une campagne médiatique tous azimuts assimilant le Tutsi à l’ennemi. Par la mise en scène macabre de la nuit du 4 au 5 octobre, suivie de son discours ravageur le matin du 5 octobre, Habyarimana provoqua une vague d’arrestations de milliers de personnes, en majorité des Tutsi, accusés d’être des complices de l’ennemi. Et pour qu’il n’y ait pas d’ambigüité sur la nature du combat engagé, Habyarimana ordonna à son armée de rédiger et de diffuser un rapport définissant l’ennemi comme « le Tutsi de l’intérieur et de l’extérieur du pays ».

Au cours de la même période, ce sont des collaborateurs directs de Habyarimana qui mirent sur pied ces milices génocidaires pour lesquelles il revendiquait publiquement la paternité et exprimait son admiration. Et c’est par des militaires sous ses ordres que ces milices furent entraînées et l’équipées, en vue de leur préparation pour le passage à l’acte. Pour faire du crime génocidaire une action de masse de participation maximale, Habyarimana, directement ou par proches collaborateurs interposés, présida à la création et offrit un soutien sans réserve aux médias du génocide, dont les tristement célèbres Kangura et RTLM. 

De plus, Habyarimana dirigea les manœuvres destinées à créer la mouvance hutu power au sein des partis d’opposition, ainsi que celles de défection de personnes influentes du Sud, qu’il parvint à faire passer, par la corruption, des partis d’opposition à la mouvance MRND/CDR/Hutu power. Ce sont ces personnes « achetées » par Habyarimana utilisant les réseaux de l’Akazu, qui feront plus tard basculer tout le Sud sans la mouvance génocidaire, et feront de cette partie du pays les champions de la participation populaire dans le génocide.

Au plan opérationnel, l’ensemble de ce programme macabre était coordonné par un sinistre noyau d’escadrons de la mort dirigés par des membres de l’Akazu, inclus les beaux-frères de Habyarimana. Restant égal à lui-même comme simulateur, menteur et manipulateur hors pair, c’est avec énormément de cynisme que Habyarimana déclarait ne rien savoir des crimes de masse organisés par ces escadrons, pourtant commis au vu et au su de tout le monde. Faire commettre ses propres crimes par de fidèles collaborateurs, puis se faire passer pour un Président encerclé par une clique de malfaiteurs dirigés par sa belle-famille, porta des fruits impressionnants mais qui ne durèrent pas longtemps.

En effet, à partir de 1993 notamment, il était devenu de plus en plus évident que, depuis le début, non seulement Habyarimana était l’homme qui dirigeait les crimes du régime dans l’ombre, mais que, en plus, il recevait des rapports réguliers sur la situation, y compris des rapports de dénonciation par diverses organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme.

Habyarimana était un président tout puissant qui n’était ni faible, ni encerclé, ni aveugle, et qui était le commanditaire de tous les crimes de son régime. Après son assassinat par ses propres collaborateurs et disciples, ces derniers lanceront la machine génocidaire dont il fut l’architecte.

Conclusion

En analysant les événements qui conduisent au genocide contre les Tutsi, notamment depuis la prise du pouvoir par Habyarimana et les crimes qui caractérisent son regime, il resort une vérité sans ambigüité : le commanditaire des crimes qui conduisirent inexorablement au génocide avait un nom et il s’appelait Habyarimana, un homme hanté par la peur qu’un jour la justice ne le rattrape.

Pour écarter cet épée de Damoclès, il avait conçu un plan dans la continuité de sa pensée et de ses méthodes : le crime des crimes, pour diluer et effacer les crimes sur lesquels son régime avait été bâti et par lesquels il avait régné.

Il n’y a que des personnes aveugles ou de mauvais foi pour nier le rôle central de Habyarimana comme planificateur en chef du génocide, le crime politique suprême, conçu pour échapper aux conséquences de ses propres crimes antérieurs.

Le rôle de Habyarimana et de la jeune armée, dont les coopérants belges lui confièrent le plein commandement à partir de juin 1963, fut déterminant dans ces crimes du PARMEHUTU

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