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Batwa : De la poterie à la céramique ; l’industrie fait son bonhomme de chemin au Rwanda

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 19 mai 2016 à 05:30

Autrefois stigmatisés, de vrais parias de la société rwandais, aujourd’hui, avec le régime actuel FPR, les Batwa bénéficient autant que d’autres catégories sociales laissées-pour-compte, bénéficient d’une discrimination positive de la société.
Point n’est plus question de les prendre comme des citoyens de seconde zone. On n’ose même pas dire leur nom. On préfère les qualifier de catégorie sociale stigmatisée de par l’Histoire. Et puis, ils se développent et tout le monde se presse à leur être utile pour leur (...)


Autrefois stigmatisés, de vrais parias de la société rwandais, aujourd’hui, avec le régime actuel FPR, les Batwa bénéficient autant que d’autres catégories sociales laissées-pour-compte, bénéficient d’une discrimination positive de la société.

Point n’est plus question de les prendre comme des citoyens de seconde zone. On n’ose même pas dire leur nom. On préfère les qualifier de catégorie sociale stigmatisée de par l’Histoire. Et puis, ils se développent et tout le monde se presse à leur être utile pour leur épanouissement social.

49 familles de Batwa du quartier urbain de Kacyiru en District de Gasabo ont eu tôt en 2004 l’initiative de se regrouper en coopérative. Auparavant ils faisaient de la simple poterie au départ. Juste des vases pour la cuisson de repas.

« Depuis lors, sous la gouvernance de Callixte Kanamugire qui fut maire, on nous a donné toute cette étendue que nous devions cultiver. Environ 4 hectares de marais », confie Shabani Munyarukundo qui dit avoir terminé son cycle secondaire des humanités mais que vu qu’il doit toujours présider aux affaires de la coopérative, il ne sait pas comment continuer ses études.

Cet homme qui va dans la trentaine passée, trouve qu’un chemin a été franchi depuis qu’ils venaient à peine de commencer leur coopérative.

« Beaucoup de donateurs sont venus nous visiter. Je me souviens qu’un couple de Blancs est venu. Il pleuvait, ce hangar n’était pas encore achevé. Il nous a laissé 5 millions de francs. Nous avons pu, avec ça, élever les murs car nous avions uniquement mis la toiture en attendant d’élever les murs plus tard », a dit Shabani.

Même son de cloche de la Secrétaire Générale de la coopérative, Mme Kibukayire Médiatrice. Celle-ci trace l’histoire de cette coopérative qui a un four immense et qui a bifurqué dans la céramique avec des vases ornementaux très appréciés à Kigali.

« Nous avons appris la construction de ce four par une ONG zimbabwéenne. Elle est venue nous former. D’autres techniques ornementales artistiques ont été apprises aussi. Le fait d’enduire de peinture le vase sorti du four, cela aussi donne de la valeur ajoutée au vase en question », a dit Kibukayire Médiatrice, la Secrétaire générale de la Coopérative de Céramique de Kacyiru.

Selon cette dirigeante, « nous recevons beaucoup de visiteurs. Des ONGs viennent à nous nous proposer des machines pour améliorer nos prestations. Ainsi nous sommes maintenant équipés de machine à couper l’argile ».

Amélioration des conditions de vie de ces familles autrefois stigmatisées ?
« Oh ! Nous sommes changés depuis l’an 2000 date où nous nous sommes regroupés dans cette coopérative. Il est vrai que notre début n’était pas prometteur mais tout de même ! Les dirigeants du district et de secteur nous ont encadré le mieux qu’ils ont pu. Qui aurait pensé que nous pouvions avoir toute cette étendue à nous ? Ici nous y cultivons les légumes, le mais et le haricot. Nous y extrayons l’argile utile pour notre industrie », a dit Shabani qui veut exporter la technique céramiste à d’autres communautés comme celle de Nyanza.

Les membres de cette coopérative interrogés sont bien satisfaits de voir comment leur marché du vase est très sollicité. Un vendeur de produit de la coopérative dit qu’au bas mot, il n’y a pas de jour qui passe sans que la coopérative fasse au moins 100.000 francs de recettes de ses ventes.

« Les journées du lundi, mardi et vendredi sont consacrées entièrement à la production de la coopérative. Les autres jours, chacun d’entre nous produit pour lui-même. Mais à la vente de sa propre production, il verse 10% dans la caisse de la coopérative qui lui aura donné l’espace pour faire sécher ses vases et le stockage mais aussi la place dans le four. Il ne fait qu’acheter lui-même le bois de chauffe », a confié Adiel Bakundibyisi, un autre membre de la coopérative assez lettré pour produire davantage.

Shabani, Président de la Coopérative montre une invention toute fraîche. Le Récipient en blanc contient un vase portant de petits trous filtrant l’eau pour la rendre parfaitement potable. Il avoue que RSB (Rwanda Standards Board) a testé positivement ce récipient.

Ils bénéficient du Programme une vache-une famille
Les membres interrogés sont fiers d’avoir reçu du Président Paul Kagame 29 génisses qui leur donnent du lait.
« A chaque famille membre de la coopérative, une vache de race améliorée a été mise à sa disposition. Si certaines d’entre elles sont mortes, d’autres donnent du bon lait jusqu’à 10 litres par traite », a dit la Secrétaire Kibukayire qui regrette néanmoins le manque de fonds suffisants pour construire une étable propre où ces vaches peuvent s’abriter des intempéries de la nature et même commencer la méthode d’élevage par stabulation.

Le système de distribution de dividendes
D’après Adiel Bakundibyisi, le membreship actuel de la coopérative revient à très cher : 500.000 francs.
« Il se comprend que la Coopérative a acquis un grand patrimoine depuis qu’il existe. Outre les bâtiments et le four moderne, nous sommes équipés de machines qui font beaucoup de travaux. Les commandes que nous exécutons vont dans les millions de francs. Pour nous partager les dividendes nous devrions le faire 2 fois l’an. Mais nous dérogeons souvent à cette clause selon le niveau des besoins de chaque membre et la disponibilité des fonds. Tenez la dernière commande exécutée a fait 3 millions de francs de rentrées. Après avoir déduit le coût du bois de chauffage et autres dépenses, il nous est resté 1.250.000 francs que nous nous sommes partagés », a confié Adiel Bakundibyisi qui montre une gestion très démocratique de la Coopérative.

Toute proportion gardée, cette coopérative a besoin d’encadrement de la part d’un agent de Secteur et de District. Ces derniers pourraient faire un plaidoyer utile pour que les membres de cette coopérative acquièrent des savoir faire d’organisation de cette industrie de la céramique hautement stratégique pour le pays.

Quand on s’entretient avec les coopérateurs, il transparaît des potentialités pouvant leur permettre d’étendre et diversifier les produits de leur industrie. Pour cela, le plaidoyer irait dans la mobilisation de fonds pour leur formation sur le tas et même, pourquoi pas, prendre leurs enfants pour des curricula et technologies y relatifs dispensés par les écoles sécondaires et instituts supérieurs techniques tout en aspirant à l’expansion de cette industrie naissante dans le pays.


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