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Bonne Gouvernance ou la tranquillité des citoyens pour un redécollage économique

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 12 janvier 2016 à 08:15

Le régime politique rwandais actuel étonne par sa façon de visiter ses structures verticales de gouvernance pour que tout citoyen se sente amplement tranquille pour qu’il vaque à ses occupations de création de richesses sociales.
En effet l’ingénierie politique rwandaise part d’une réalité crue : « Quand un peuple n’est pas psychologiquement stable et physiquement sécurisé, il ne peut pas pleinement participer à la création des richesses sociales. Et cela devient pire quand il lui est rendu difficile (...)



Le régime politique rwandais actuel étonne par sa façon de visiter ses structures verticales de gouvernance pour que tout citoyen se sente amplement tranquille pour qu’il vaque à ses occupations de création de richesses sociales.

En effet l’ingénierie politique rwandaise part d’une réalité crue : « Quand un peuple n’est pas psychologiquement stable et physiquement sécurisé, il ne peut pas pleinement participer à la création des richesses sociales. Et cela devient pire quand il lui est rendu difficile l’accès aux sources de financement pour cause de ne pas avoir d’hypothèque sérieuse.

La philosophie du pardon

En matière de gouvernance, ce régime rwandais actuel échappera toujours à plus d’un politologue. Ici la gouvernance est subtile et dépassionnée. La question de justice sociale y occupe une place de choix. Une série d’institutions ont été créées à cet effet pour que l’Etat rwandais supplante ces ONGs ‘watchdogs’ occidentales passées maîtres dans l’alerte aux violations des droits humains.

Les conciliateurs à chaque niveau des instances de base dites Cellule et Secteur tentent une médiation souvent réussie entre les deux parties en conflit. Les MAJ (Maisons d’Accès à la Justice) logées dans le district, officiellement pour conseiller des citoyens ayant des litiges et qui ne savent rien du droit, siègent aux côtés des maires de districts et des directeurs chargés de bonne gouvernance tous les mardis ou mercredis de la semaine dans des assemblées-tribunaux populaires pour écouter, tenter de comprendre les griefs des citoyens et y trouver des solutions.

« La plupart des 585 doléances des citoyens nous soumises en 2015 concernent des jugements rendus non exécutés », confie Tharcisse Rutayisire, Agent chargé de Bonne Gouvernance près le district de Rulindo en Province du Nord. Ce fonctionnaire raconte que les citoyens rwandais ont une ligne directe avec la Présidence de la République où ils portent plainte et ces plaintes sont renvoyées au Bureau de bonne gouvernance de District d’origine du plaignant.

« La Présidence fait le suivi de cette plainte jusqu’à ce que le citoyen soit satisfait dans sa requête », a-t-il dit parlant de coups de téléphone intempestifs émanant de cette grande institution s’enquérant du processus de solutionnement des plaintes de ces citoyens.

Le Gouverneur de la Province du Nord, Aimé Bosenibamwe, a une façon particulière et exhaustive de comprendre la gouvernance citoyenne.

« Comment peut-on demander à un citoyen de vaquer à ses occupations quand il a un contentieux avec son voisin qui le taraude ? », a dit le Gouverneur Bosenibamwe qui, lui aussi, reçoit les mardis tout au plus 4 doléances des citoyens qui n’ont pas pu être satisfaites aux différents escaliers des instances de base.

« Dans nos sessions populaires des mercredis, plus de 80% des plaintes que nous recevons sont de caractère foncier », a dit Christine de la Maison d’Accès à la Justice de District Gasabo montrant que les problèmes de succession et autres escroqueries familiales.

Le Régime actuel veut tasser toutes les questions litigieuses surtout celles liées au contentieux du génocide. « Fin 2012, ils étaient 7.000 jugements rendus en rapport avec le pillage dans le génocide des Tutsi de 1994. Ils ont été exécutés par le biais du pardon, du demi pardon et réparation des biens détruits et pillés, par les TIG (Travaux d’Intérêt Général) », a confié Tharcisse Rutayisire qui ne donne les statistiques du seul secteur de Shyorongi.

« Il faut qu’ils enfourchent le train du développement étant sains d’esprit », a dit le Gouverneur Bosenibamwe qui s’enorgueillit de voir un peuplement des villes de sa province (Musanze 102.082, Gicumbi avec 34.544 ou Gakenke avec 9.347 citadins) prendre des proportions jamais connues auparavant.

Pas de bonne gouvernance sans accès général au crédit bancaire

Le régime actuel sait donner à part belle au capital. Ainsi la privatisation d’anciennes sociétés parastatales entreprise au début des années 2000 a fait émerger une classe florissante d’investisseurs rwandais. Mais cette classe doit évoluer dans une société de consommation.

BDF district Nyamasheke/Province de l’Ouest

Autrement dit il faut que la monnaie circule dans les couches sociales pauvres. Si l’Union des Banques Populaires du Rwanda a été privatisée, il est né des microfinances les Murenge SACCO (Saving and Credit Cooperatives) qui regroupent 2.373.774 citoyens rwandais, petits épargnants et débiteurs avec 124 milliards de francs de crédit jusqu’en mi 2015.

L’autre face de la bonne gouvernance revient également mettre en place des structures garde-fou et à serrer de très près les gérants de ces microfinances et les fonctionnaires des instances décentralisées collectant les cotisations citoyennes d’assurance Mutuelle de santé à se désister de possibles détournements de ces fonds.

Un effet escompté ?

Le débat citoyen sur la protection de leurs intérêts de classe
Le citoyen doit être responsable de ses destinées et conditions de vie quotidiennes, loin de toute assistance gouvernementale.
Dans le cadre de cette gouvernance pragmatique, il faut construire une autre structure venant appuyer cette pratique citoyenne de faire appel au crédit bancaire. Quoi donc s’il veut un montant de crédit qui est supérieur à la valeur de l’hypothèque exigée par sa banque ?

BDF/Business Development Fund : un grand partenaire des classes pauvres

Qu’à cela ne tienne ! Le Gouvernement va mettre sur pied un Fond de Garantie des Business avec un accent particulier sur les investissements agricoles.
« A ce jour, nous avons offert une garantie de plus de 45 milliards de francs pour des crédits offerts à plus de 4.000 individus. Ces derniers ont reçu une enveloppe de crédits de quelques 150 milliards de francs »,

a confiédits de quelques 150 milliards de francs », a confié Innocent Bulindi, CEO de BDF. Ce financier a également révélé que BDF gère beaucoup de subventions dont celles concernant le développement rural, la promotion de la femme et de la jeunesse. « Nous avons subventionné à ce jour plus de 9.000 projets allant dans ces domaines.

La stratégie de ces BDF est de rediriger les flux monétaires dans un secteur rural autrefois parent pauvre du budget national

« Nous avons apporté un soutien financier à plus de 60 micro finance Umurenge SACCO. Nous leur avons accordé des crédits d’un montant de 1.4 milliards de francs », a confié Innocent confiant que ces fonds vont être repris par des citoyens pour améliorer le mode de fermage de leurs terres pour plus de productivité de leurs cultures et transformation ou commercialisation.

Tharcisse Rutayisire, Agent de la Bonne Gouvernnance -District de Rulindo

Dans tous les cas, l’effet escompté est que le paysan autant que le citadin, tous soient à même de palper de l’argent à tout moment pour le grand bénéfice d’un environnement des affaires amélioré.

Un seul bémol ?

Une indiscipline notoire dans la fixation des prix des items et services consommables qui flambent et tombent rarement amenant un gâchis dans la conscience populaire. Dans tous les cas, on est dans le droit de dire qu’on est sur la voie d’une bonne gouvernance citoyenne. Au fil du temps, ces mêmes citoyens consommateurs comprendront les mécanismes de fixation des prix et pourront alors réagir de façon disciplinée. Et c’est là le noeud et objectif ultime de la bonne gouvernance qui opère par la prise de conscience responsable des intérêts de classe suivie par des réclamations-manifestations strictement pacifiques et intellectuellement réfléchies.


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