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Burundi : tensions au sommet du CNDD-FDD à l’approche de la désignation du candidat présidentiel

Redigé par Musangwa Arthur
Le 24 janvier 2026 à 01:51

Le parti au pouvoir au Burundi, le CNDD-FDD, traverse une période de fortes tensions internes, susceptibles d’aboutir à des changements majeurs au sein de sa direction lors de l’Assemblée générale prévue le 25 janvier 2025.

Ces dissensions opposent de plus en plus ouvertement la direction du parti au président de la République, Évariste Ndayishimiye, dans un contexte de rivalités liées à la future candidature à l’élection présidentielle de 2027.

Au cœur de cette crise figure le désaccord entre le chef de l’État et le secrétaire général du CNDD-FDD, Révérien Ndikuriyo, concernant le choix du candidat du parti. Selon plusieurs sources, Ndikuriyo s’opposerait à une nouvelle candidature de Ndayishimiye et mènerait une campagne interne afin de consolider ses soutiens, notamment auprès de figures influentes du parti.

Parallèlement, une faction du CNDD-FDD se faisant appeler les « Bene Samurarwa » a émergé en soutien au président. Le 6 décembre 2025, ce groupe a tenu une réunion dans l’ancienne province de Cankuzo, au cours de laquelle il a décidé d’endosser Évariste Ndayishimiye comme candidat du parti à l’élection présidentielle de 2027.

La rencontre a réuni plusieurs responsables politiques et administratifs, dont la ministre Marie-Chantal Nijimbere, le secrétaire général adjoint du CNDD-FDD, Cyriaque Nshimirimana, des députés de la province de Buhumuza, ainsi que des officiers supérieurs de l’armée et des hommes d’affaires.

En revanche, plusieurs figures clés du pouvoir, dont Révérien Ndikuriyo, le président du Sénat, Gervais Ndirakobuca, et le président de l’Assemblée nationale, Gélase Daniel Ndabirabe, étaient absentes de cette réunion, alimentant les spéculations sur leur opposition à la candidature de Ndayishimiye.

Les critiques à l’encontre du chef de l’État s’appuient notamment sur la poursuite du déclin économique du pays depuis 2022, ainsi que sur sa décision de déployer des troupes burundaises dans l’est de la République démocratique du Congo, où elles ont subi plusieurs revers face aux forces de l’AFC/M23.

Lors du lancement de son livre « Une Nation en Marche », le 14 janvier 2026, à l’hôtel Club du Lac Tanganyika, le président Ndayishimiye a publiquement évoqué les tensions au sein de son entourage.

« Certains refusent de me prodiguer des conseils, pensant que si j’échoue, ils prendront ma place. Mais si j’échoue, c’est tout le pays qui échoue », a-t-il notamment déclaré.

Selon des sources proches du pouvoir, le président tenterait également de marginaliser Révérien Ndikuriyo, perçu comme un rival sérieux capable de le défier lors du processus interne de désignation du candidat du CNDD-FDD.

L’Assemblée générale du 25 janvier s’annonce ainsi décisive. Elle devrait non seulement procéder à un remaniement de certains responsables du parti et de la sécurité nationale, mais aussi, potentiellement, entériner le choix du candidat du CNDD-FDD à l’élection présidentielle de 2027, dans un climat de rivalités politiques de plus en plus visibles.

Un désaccord est rapporté entre le chef de l’État burundais et le secrétaire général du CNDD-FDD au sujet du choix du candidat du parti à la prochaine élection présidentielle
Le président tenterait de marginaliser Ndikuriyo, perçu comme un rival capable de le défier lors de la désignation du candidat du CNDD-FDD

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