Urgent

Indécence et légèreté au sommet de l’État

Redigé par Tite Gatabazi
Le 7 octobre 2025 à 02:08

Il n’est pas anodin que les grandes civilisations aient toujours accordé à la tenue et au protocole une valeur symbolique, presque sacrée. Ce n’est pas pour les cochons, comme dirait le peuple dans son franc-parler, que furent institués les codes vestimentaires et les usages protocolaires : ils incarnent la dignité d’un État, le respect dû à ses institutions et la mesure de la considération que ses représentants portent à la nation qu’ils incarnent.

L’habit, loin d’être un simple ornement, traduit l’âme d’une fonction, la conscience d’une responsabilité, et le sens du lieu où l’on se tient.

Or, sous la présidence de Félix Tshisekedi, l’on assiste à une inquiétante dérive des symboles. Les frontières du convenable s’effacent, la bienséance se délite, et le pouvoir, dans son expression publique, se fait théâtre d’une désinvolture coupable.

La récente apparition du ministre congolais des Sports, Didier Budimbu, aux côtés d’une femme vêtue d’une manière indécente à la limite de la nudité lors d’une rencontre officielle avec le Chef de l’État, illustre tristement ce naufrage du décorum. Ce qui aurait pu passer pour un simple manquement de goût se transforme, dans un tel cadre, en un acte de profonde irrévérence envers les institutions.

Comment, dans un lieu où s’exprime la souveraineté nationale, tolérer pareille confusion des genres, ce mélange entre mondanité frivole et représentation d’État ? Comment admettre que les palais de la République deviennent la scène d’un relâchement qui confine à l’indignité ? Une telle image, captée et diffusée, choque la conscience collective.

Elle rappelle moins un exercice du pouvoir qu’une dérive mondaine où la légèreté se substitue à la solennité, où le prestige de la fonction s’efface derrière la trivialité des comportements.

Il ne s’agit pas ici de moraliser ni de pointer du doigt une personne particulière, mais de rappeler une exigence : celle de la décence publique, de la gravité institutionnelle, du respect des codes qui structurent la représentation de l’État.

Gouverner, c’est d’abord incarner. Et incarner, c’est comprendre que le geste, le ton, la tenue, sont des langages politiques. À travers eux, une nation dit son sérieux, sa maturité, sa vision d’elle-même.

La République démocratique du Congo mérite mieux que ces dérapages qui humilient sa fonction présidentielle et affaiblissent son image. Là où l’on attendait la majesté du protocole, on n’a trouvé que la confusion d’un cabaret.

Là où l’on espérait la solennité d’une institution, on n’a perçu que la légèreté d’un milieu mondain. Il est temps, pour ceux qui prétendent servir l’État, de se souvenir qu’il n’est point d’autorité sans décence, point de respect sans tenue, et point de grandeur sans discipline.

La récente apparition du ministre congolais des Sports aux côtés d’une femme vêtue d’une manière indécente lors d’une rencontre officielle avec le Chef de l’État, révèle un manque de décorum

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