L’accord, signé ce mardi 19 mai 2026 en marge du « Nuclear Energy Innovation Summit for Africa » (NEISA) tenu à Kigali, s’inscrit dans l’ambition du Rwanda de s’imposer comme un pionnier régional de l’énergie nucléaire avancée et de renforcer sa capacité de production d’électricité bas carbone, fiable et adaptée aux besoins de son industrialisation.
Le document a été signé par Rafael Marin, directeur de Holtec Europe, et le Dr Fidele Ndahayo, directeur général du « Rwanda Atomic Energy Board ». L’événement coïncide également avec la signature d’un mémorandum d’entente plus large sur la coopération civile nucléaire entre les États-Unis et le Rwanda, conclu entre des représentants des deux gouvernements.
La cérémonie de signature a réuni plusieurs personnalités de haut niveau, dont Renee Sonderman, sous-secrétaire adjointe principale par intérim au Bureau du contrôle des armements et de la non-prolifération du département d’État américain, ainsi que la Dr Usta Kayitesi, secrétaire d’État rwandaise aux Affaires étrangères et à la Coopération internationale.
Selon Holtec, l’accord établit un cadre de coopération technique incluant des études de faisabilité, des évaluations de sites et la collecte de données nécessaires au déploiement potentiel des unités SMR-300 au Rwanda.
La capacité envisagée pourrait atteindre environ 5 GW, destinée à soutenir la croissance économique à long terme ainsi que la sécurité énergétique grâce à une production électrique de base sans émissions de carbone.
Rafael Marin a indiqué que ce partenariat vise à déployer les SMR-300 au Rwanda, en soutien à la stratégie nationale de production d’électricité fiable et décarbonée, ajoutant que ce projet pourrait positionner le pays comme pionnier du déploiement des SMR en Afrique.
Du côté rwandais, le RAEB a souligné que cet accord s’inscrit dans la continuité des coopérations précédentes et marque une transition vers une phase de mise en œuvre concrète de la planification nucléaire. Le Dr Fidele Ndahayo a précisé que le Rwanda vise la mise en service de son premier réacteur modulaire au début des années 2030, sous réserve des résultats des évaluations techniques et des développements d’infrastructures.
Il a également expliqué que l’accord constitue un cadre de travail avec les équipes techniques de Holtec pour évaluer les sites potentiels au Rwanda, collecter les données nécessaires et déterminer la faisabilité du déploiement du SMR-300 lorsque la technologie sera pleinement mature.
« Le Rwanda reste ouvert aux technologies émergentes et considère ce partenariat comme une étape structurée de préparation », a-t-il ajouté.
Les États-Unis ont salué cette coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire civile. Jacob Helberg, sous-secrétaire d’État américain aux Affaires économiques, a affirmé que ce partenariat soutient le développement d’une énergie nucléaire sûre, sécurisée et fiable, tout en renforçant le leadership américain dans les technologies nucléaires avancées.
Le SMR-300 de Holtec est un réacteur à eau pressurisée décrit comme un système à « sécurité passive », conçu pour fonctionner avec une intervention minimale des opérateurs. Son design compact permettrait une adaptation à différents environnements grâce à des systèmes de refroidissement à eau ou à air.
Le président de Holtec, le Dr Richard M. Springman, a indiqué que l’approche intégrée de l’entreprise - incluant la technologie des réacteurs, l’ingénierie, la construction, les partenariats d’approvisionnement, la gestion du combustible et les services de démantèlement - accompagnera le développement global du programme nucléaire rwandais.
Le Président Paul Kagame, intervenant lors du même sommet, a confirmé que le Rwanda progresse conformément à son calendrier visant l’introduction de l’énergie nucléaire au début des années 2030, conformément à sa stratégie énergétique nationale. Il a souligné le rôle central des petits réacteurs modulaires dans la réponse aux besoins énergétiques, à l’industrialisation et à la transformation économique du pays.
Lors du sommet, le chef de l’État a également reçu un rapport de la phase I de l’Integrated Nuclear Infrastructure Review (INIR) de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), présenté par son directeur général Rafael Mariano Grossi. Cette évaluation constitue une étape clé de la feuille de route nucléaire du Rwanda et confirme les progrès réalisés dans le cadre du processus d’évaluation internationale.
« Nous prévoyons de rendre l’énergie nucléaire opérationnelle au début des années 2030. Cette évaluation confirme que nous sommes sur la bonne voie », a déclaré le Président Kagame.
La feuille de route énergétique du Rwanda prévoit une expansion significative de la capacité de production électrique, avec un objectif pouvant atteindre 1,5 GW d’énergie nucléaire d’ici 2050. Les autorités estiment que cette source d’énergie viendra compléter les énergies renouvelables en fournissant une base stable et continue, indispensable au développement industriel et technologique.
Le sommet de Kigali a réuni des dirigeants africains, des régulateurs et des partenaires internationaux afin de discuter des investissements et de la coopération dans le domaine du nucléaire civil. Les échanges ont mis en évidence l’intérêt croissant du continent africain pour les technologies de réacteurs modulaires de petite taille (SMR).














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