Le président Ndayishimiye renouvelle sa rhétorique hostile à l’égard du Rwanda

Redigé par IGIHE
Le 2 janvier 2026 à 06:42

Dans son discours de Nouvel An, le président burundais Évariste Ndayishimiye a durci sa rhétorique contre le Rwanda, l’accusant de déstabiliser la région, d’abriter des groupes armés et de préparer une attaque contre le Burundi.

S’exprimant le 31 décembre, Ndayishimiye a reproché au Rwanda de saper les efforts de paix dans les Grands Lacs et d’être responsable de l’insécurité dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). « Ce qui se passe dans notre pays voisin, la RDC, nous préoccupe beaucoup », a-t-il déclaré. « Le pays qui attaque le Congo nourrit du ressentiment contre le Burundi parce qu’il continue de protéger des tueurs qui ciblent notre pays. Rien ne nous rassure que, après le Congo, le Burundi ne soit pas le prochain. »

Ces propos interviennent alors que Ndayishimiye a lui-même été témoin de la signature d’accords de paix entre le Rwanda et la RDC, au cours desquels aucune preuve n’a été présentée établissant une attaque rwandaise contre le territoire congolais. Kigali a réaffirmé son engagement en faveur de la paix régionale tout en rejetant les accusations comme étant politiquement instrumentalisées.

Selon des analystes, la rhétorique anti-rwandaise est devenue un discours récurrent parmi certains responsables de Kinshasa et leurs alliés régionaux, souvent utilisé pour détourner l’attention de la rébellion de l’AFC/M23 et pour plaider en faveur de sanctions internationales contre Kigali.

Le président burundais a également souligné que les relations bilatérales resteraient tendues tant que Bujumbura ne récupérerait pas les individus accusés de tentative de coup d’État en 2015. Kigali a rappelé que ces personnes, vivant en tant que réfugiés à Kigali, sont protégées par le droit international et ne relèvent pas de sa juridiction.

Par ailleurs, le Burundi est pointé du doigt pour sa collaboration avec les FDLR - un groupe terroriste lié au génocide contre les Tutsi de 1994 - ainsi que pour certaines initiatives militaires congolaises visant, selon Kigali, à compromettre sa sécurité..

Malgré les appels au dialogue, les observateurs estiment que ces nouvelles déclarations de Ndayishimiye risquent d’enfoncer davantage la région dans les divisions et freiner les efforts de stabilité dans les Grands Lacs.

Les nouvelles déclarations de Ndayishimiye risquent d’enfoncer davantage la région dans les divisions

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