Urgent

Le rappel de Louis Michel depuis Bruxelles

Redigé par Tite Gatabazi
Le 19 mai 2026 à 12:37

Depuis Bruxelles, ce dimanche 17 mai 2026, l’ancien Premier Ministre Belge, ancien commissaire européen et diplomate belge Louis Michel a livré une charge politique d’une rare sévérité contre la trajectoire actuelle de la République démocratique du Congo.

Ses propos, loin de relever d’une simple observation diplomatique, prennent la forme d’un avertissement solennel adressé à un pouvoir de plus en plus accusé de fragiliser les fondements mêmes de l’État de droit.

En affirmant qu’« on ne change pas la Constitution en cours de partie », Louis Michel rappelle un principe élémentaire de toute démocratie authentique : les règles du jeu institutionnel ne sauraient être modifiées au gré des intérêts du pouvoir en place.

Une Constitution n’est ni un instrument de circonstance, ni un texte que l’on ajuste selon les ambitions politiques du moment. Elle constitue la garantie suprême de la stabilité nationale et de l’équilibre républicain. Lorsqu’un régime laisse planer le doute sur son intention de remodeler la loi fondamentale au profit d’intérêts partisans, il nourrit inévitablement la suspicion, exacerbe les tensions et affaiblit la confiance citoyenne.

L’ancien diplomate belge ne s’est d’ailleurs pas limité à la seule question constitutionnelle. En évoquant le cas de Moïse Katumbi, qu’il décrit comme un opposant peinant à obtenir un passeport dans son propre pays, il met en lumière une réalité autrement plus préoccupante : celle d’une démocratie où l’administration publique semble parfois devenir un instrument de pression politique.

Dans tout État véritablement démocratique, les droits civiques et administratifs ne devraient jamais dépendre de l’appartenance politique, encore moins de la proximité avec le pouvoir. Refuser ou compliquer l’accès à des documents fondamentaux pour des figures de l’opposition alimente l’idée d’une gouvernance sélective, où les institutions cessent progressivement d’être neutres pour devenir des outils de domination politique.

Mais c’est surtout sur le terrain économique et géostratégique que l’intervention de Louis Michel résonne avec une particulière gravité. En critiquant les accords entre Kinshasa et Washington fondés sur l’accès aux ressources naturelles, il soulève une question essentielle : celle de la souveraineté économique du Congo.

Un partenariat international ne peut être considéré comme équilibré lorsque les richesses d’un peuple deviennent la monnaie d’échange d’arrangements politiques ou sécuritaires dont les bénéfices réels échappent à la population elle-même.

L’histoire du Congo est précisément jalonnée de ces marchés opaques où les minerais, au lieu de devenir un levier de prospérité collective, ont trop souvent alimenté des logiques de prédation, de dépendance et d’appauvrissement structurel.

La formule finale de Louis Michel résonne alors comme une condamnation morale sans appel : il est « inacceptable qu’un des pays les plus riches du monde ait une population parmi les plus pauvres ». Cette phrase résume à elle seule le paradoxe tragique congolais.

La RDC dispose d’immenses réserves minières, hydrauliques, forestières et agricoles, pourtant des millions de citoyens continuent de vivre dans la précarité, privés d’infrastructures essentielles, d’accès correct aux soins, à l’éducation et à l’emploi.

Cette contradiction ne relève plus du simple dysfonctionnement administratif ; elle traduit l’échec persistant d’un modèle de gouvernance incapable de transformer les richesses nationales en développement humain.

A travers cette prise de parole depuis Bruxelles, il adresse en réalité un rappel sévère mais lucide : aucune démocratie ne peut survivre durablement lorsque les libertés politiques sont fragilisées, lorsque les institutions perdent leur impartialité et lorsque les ressources d’un pays profitent davantage aux réseaux de pouvoir qu’à la nation elle-même.

Car la véritable grandeur d’un État ne se mesure ni à l’étendue de son territoire ni à l’abondance de ses minerais, mais à sa capacité à garantir la dignité, la justice et la prospérité de son peuple.

Louis Michel a livré une charge politique d’une rare sévérité contre la trajectoire actuelle de la République démocratique du Congo

Publicité

AJOUTER UN COMMENTAIRE

REGLES D'UTILISATIONS DU FORUM
Publicité