Quand l’incroyable devient réalité ou énigme autour des soldats Burundais portés disparus

Redigé par Tite Gatabazi
Le 6 janvier 2026 à 11:16

C’est avec une inquiétude d’une gravité extrême, et au nom du droit imprescriptible du peuple burundais à une information juste et complète, que la plume et la voix s’élèvent au Burundi.

Depuis le début du mois de décembre 2025, des informations concordantes et profondément alarmantes font état de la disparition de plus d’un millier de militaires de la Force de Défense Nationale du Burundi, déployés dans la plaine de la Ruzizi, en province du Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo.

Il est à peine croyable et pourtant tragiquement évoqué qu’un contingent d’une telle ampleur, constitué de soldats dûment encadrés et engagés sous bannière nationale, puisse être porté disparu sans que la Nation n’en soit clairement informée.

Ces troupes ont été envoyées sur le sol congolais dans le cadre d’opérations militaires dont les finalités réelles demeurent opaques pour l’opinion publique. Or, face à une disparition d’une telle magnitude, le mutisme persistant au sommet de l’Etat et plus particulièrement celui du haut commandement militaire apparaît non seulement troublant, mais moralement insoutenable, tant pour les familles des disparus que pour la communauté nationale dans son ensemble.

Dans le respect des exigences constitutionnelles et des impératifs de responsabilité publique, il apparaît indispensable que soient apportées des réponses claires aux interrogations majeures que soulève la disparition d’un nombre substantiel de militaires burundais engagés en territoire congolais.

La question de leur localisation demeure, à ce jour, entourée d’une opacité préoccupante : nul ne sait s’ils sont tombés au combat, s’ils ont été faits prisonniers ou s’ils ont été laissés à leur sort dans un théâtre d’opérations devenu manifestement incontrôlable.

Une telle incertitude, s’agissant de forces armées placées sous commandement national, est difficilement admissible dans un État se réclamant de la transparence et de la redevabilité.

Parallèlement, la détermination d’un bilan authentique, dépourvu de toute édulcoration, s’impose avec une urgence particulière. Il n’est pas concevable que la Nation accepte la disparition de ses fils sans communication officielle précise, alors que les familles directement touchées vivent dans l’angoisse et dans l’attente d’une vérité qui leur est due.

A cette exigence s’ajoute la nécessité d’éclairer l’opinion sur la justification réelle d’un déploiement militaire d’une telle ampleur, dont le coût humain paraît, à ce stade, excéder les bénéfices supposés en matière de sécurité nationale. Dans un contexte régional marqué par de fortes tensions, l’engagement de milliers de soldats à l’étranger appelle une explication rigoureuse, tant au regard de la vie humaine qu’au regard du principe de bonne gouvernance publique.

Le Burundi ne peut indéfiniment continuer à exposer et à sacrifier sa jeunesse sur des théâtres d’opérations extérieurs dont les enjeux véritables ne sont ni explicités ni assumés devant la représentation nationale. L’absence de transparence, renforcée par le silence de l’État, ne fait qu’accroître la douleur des familles éprouvées et nourrir les hypothèses les plus funestes dans l’opinion.

Il est requis, au regard de la gravité de la conjoncture, que le silence persistant des autorités soit enfin levé et qu’une communication officielle, à la fois sincère, exhaustive et rigoureusement documentée, soit présentée à la Nation.

Un rapport clair et circonstancié sur la situation des militaires déclarés disparus dans la plaine de la Ruzizi s’impose comme une exigence élémentaire de transparence et de respect à l’égard de la communauté nationale. L’ampleur des interrogations suscitées par cette disparition massive ne saurait davantage être contenue par des non-dits ou des formules évasives.

La révélation de la vérité, dans toute son intégralité, conditionne en effet des enjeux d’une portée fondamentale : elle engage l’honneur et la dignité de l’institution militaire, tout autant qu’elle pèse sur la cohésion nationale et la paix sociale. La confiance entre gouvernants et gouvernés ne peut se maintenir que sur le socle d’une information loyale et d’une gestion responsable des crises.

A défaut d’un éclairage officiel, il ne subsiste que la rumeur, la suspicion et le doute, autant de facteurs corrosifs pour l’autorité de l’État et pour la stabilité du corps social.

Il est tragique qu’un contingent si important de soldats disparaisse sans que la Nation en soit informée

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