Ces jeunes sont soupçonnés de trafic transfrontalier illégal et d’avoir facilité le passage clandestin de ressortissants congolais à travers la rivière Rusizi, qui sépare le Burundi de la République démocratique du Congo (RDC).
Si les autorités burundaises ont cette fois-ci décidé de placer ces jeunes en détention, plusieurs observateurs et organisations de défense des droits humains dénoncent un phénomène plus large et plus inquiétant : celui d’un mouvement de jeunesse dont les activités dépassent largement le cadre politique, pour parfois se transformer en force d’intimidation et d’action violente, bénéficiant d’une quasi-impunité apparente.
Violences et abus documentés
Au fil des années, des rapports d’ONG et d’organisations internationales ont documenté des exactions graves attribuées aux Imbonerakure :
Selon le rapport annuel de la Ligue Iteka, plus de 400 personnes ont été tuées en 2025 dans des contextes de violations des droits humains, avec la participation directe ou indirecte des Imbonerakure, aux côtés des forces de sécurité.
Bien que certaines condamnations existent - comme celle d’un membre de la ligue condamné en 2025 à 20 ans de prison pour un meurtre violent à Bubanza - elles restent rares au regard de l’ampleur des accusations.
Plusieurs rapports révèlent également la mise en place de checkpoints informels par cette milice, qui a procédé à des arrestations arbitraires, infligé des violences physiques et s’est livrée à des actes d’extorsion, parfois avec la complicité de policiers locaux.
En outre, ces pratiques se déroulent dans un contexte de répression politique sévère, où l’espace public est strictement contrôlé. Des arrestations arbitraires, des intimidations systématiques et des violences ciblées contre des membres de l’opposition, notamment du parti CNL, ont par ailleurs été largement dénoncées par des organisations telles que l’ONU et Human Rights Watch.
Une organisation ambivalente
Étonnamment, le gouvernement burundais a organisé des célébrations à l’attention des Imbonerakure, à l’instar de l’« Imbonerakure Day » en août 2025, où le président Évariste Ndayishimiye a salué leur « contribution au développement national ».
Cependant, ces manifestations officielles contrastent avec les critiques répétées d’ONG et d’observateurs, qui dénoncent un climat de peur et d’impunité.
En revanche, le terme « milice » reste pertinent pour les organisations de défense des droits humains. Bien qu’ils ne soient pas intégrés à l’armée, les Imbonerakure reçoivent une formation rudimentaire, effectuent des patrouilles, des arrestations et des contrôles, et participent à des opérations militaires aux côtés de l’armée burundaise, comme c’est notamment le cas actuellement en RDC.
Face à ces abus systématiques, de nombreuses organisations nationales et internationales exigent des enquêtes indépendantes et des poursuites effectives, dénonçant ce qu’elles considèrent comme une culture d’impunité profondément enracinée et tolérée par les autorités burundaises.














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