Le ministre Nduhungirehe alerte sur la persistance des discours de haine dans la région des Grands Lacs

Redigé par IGIHE
Le 24 février 2026 à 11:26

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Olivier Nduhungirehe, a souligné la persistance des discours de haine dans la région des Grands Lacs tant que des groupes armés imprégnés d’idéologie génocidaire, tels que les FDLR, resteront opérationnels.

S’exprimant le 23 février 2026 lors d’une conférence internationale sur la lutte contre la discrimination tenue en Suisse, le chef de la diplomatie rwandaise a insisté sur le fait que « le discours de haine n’est pas qu’un simple discours. Lorsqu’il n’est pas contesté, lorsqu’il est banalisé, lorsqu’il est instrumentalisé à des fins politiques, il devient un facteur facilitateur de la violence ».

Il a noté que, bien que 25 ans se soient écoulés depuis l’adoption de la Déclaration de Durban sur la coopération internationale dans la lutte contre les différentes formes de discrimination, les discours de haine et les crimes qui en découlent persistent, sans que des mesures efficaces ne soient prises.

Une situation préoccupante dans l’est de la RDC

Le ministre a notamment cité la situation qui prévaut dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où le groupe génocidaire FDLR, formé par des responsables du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 au Rwanda et sanctionné par le Conseil de sécurité des Nations unies, continue d’opérer.

Selon le ministre, l’idéologie du génocide n’a pas disparu après 1994, mais s’est maintenue et a trouvé un terrain favorable dans certaines zones de l’est congolais. « La persistance des FDLR démontre comment l’impunité permet à une idéologie destructrice de survivre et de se transmettre de génération en génération », a-t-il déclaré.

Inquiétudes sur le sort des Banyamulenge

Le ministre Nduhungirehe a également attiré l’attention sur la situation au Sud-Kivu, en particulier dans la commune de Minembwe, où les Banyamulenge sont régulièrement visés par des attaques. Il a rappelé le blocus imposé à cette communauté, qui rend impossible l’accès aux routes les reliant aux autres localités, ce qui traduit selon plusieurs experts l’existence d’un projet visant leur extermination.

« Ce sont des signes évidents d’actes génocidaires en cours, constituant des preuves tangibles de crimes contre l’humanité », a-t-il affirmé.

Face à cette situation, le ministre a exhorté la communauté internationale à réagir sans délai et avec détermination contre les discours de haine, estimant que le silence et l’indifférence ne font que renforcer ceux qui instrumentalisent l’ethnicité et la déshumanisation à des fins politiques et militaires.

Le ministre Nduhungirehe a par ailleurs plaidé pour la création d’un mécanisme régional réunissant les États déterminés à lutter concrètement contre les discours de haine et la culture de l’impunité, avec la possibilité d’y associer des partenaires internationaux, afin de prévenir de nouvelles tragédies dans la région des Grands Lacs.

Le ministre Nduhungirehe a averti que les discours de haine persisteront dans les Grands Lacs tant que des groupes génocidaires comme les FDLR resteront actifs

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