Dans une atmosphère de recueillement, les mots se sont imposés avec une clarté implacable : « Nous sommes réunis pour nous souvenir. Nous sommes réunis pour ne pas oublier. » D’emblée, le ton est donné. Il ne s’agit pas seulement de commémorer, mais de s’engager.
Représentant les rescapés, Murangira César a tenu à souligner la portée symbolique de chaque présence : un acte, une prise de position, une manière de refuser l’effacement. Car, derrière les chiffres, il y a des vies. Plus d’un million de Tutsi ont été assassinés lors du Génocide contre les Tutsi, un drame qu’il rappelle avec force : « Un million de destins brisés. Un million de silences imposés. Et pourtant, ces silences parlent encore. »
La mémoire comme responsabilité vivante
Au cœur de son intervention, une idée centrale : pour les survivants, le temps n’efface rien. Il ravive, au contraire, l’absence et le devoir de transmission. « Nous sommes les voix des disparus », affirme-t-il, insistant sur une mission exigeante, presque sans répit.
Mais se souvenir ne suffit pas, martèle-t-il. Il faut comprendre, expliquer et transmettre. Car l’oubli, prévient-il, n’est jamais neutre. La négation et la déformation de l’histoire ne sont jamais anodines : elles préparent toujours le terrain du pire.
Dans une analyse sans détour, il rappelle que le génocide n’est ni un accident ni un débordement spontané de violence. Il a été pensé, planifié, organisé. Porté par une idéologie raciste, le « Hutu Power », dont les racines remontent à la période coloniale et aux violences répétées des décennies précédentes.
Le monde face à son échec
L’un des passages les plus marquants de son discours concerne le rôle de la communauté internationale. « Le monde savait. Et il n’a pas agi. » Une affirmation lourde, qui renvoie à l’inaction des grandes puissances et des institutions internationales alors que le Rwanda sombrait dans l’horreur.
Ambassades fermées, évacuations de ressortissants étrangers, hésitations diplomatiques : pendant ce temps, des milliers de personnes étaient tuées chaque jour. « Cette indifférence a tué. Ce silence a tué », insiste-t-il.
Reconnaître les faits, affronter la vérité
Murangira César a également souligné le rôle déterminant du Front patriotique rwandais, dirigé par Paul Kagame, dans l’arrêt du génocide. « Il faut avoir le courage de le reconnaître », déclare-t-il, rappelant que cette intervention a permis de sauver des vies et d’assurer la survie même des Tutsi au Rwanda.
Aujourd’hui, les témoignages des rescapés restent essentiels. Ils dérangent, obligent à regarder la réalité en face et empêchent le mensonge de s’installer.
Résister, aujourd’hui encore
Au-delà du souvenir, ces commémorations sont présentées comme des actes de résistance. Résistance contre l’oubli, contre la négation, contre l’indifférence. Elles redonnent une place, une dignité, une humanité à ceux que le génocide a voulu effacer.
Mais elles posent aussi une question universelle et urgente : que faisons-nous de cette mémoire ?
Dans un monde où les discours de haine et les logiques d’exclusion réapparaissent, Murangira César appelle à une vigilance constante. « Nous n’avons pas le droit de rester spectateurs », prévient-il.
À Genève, son message dépasse le cadre d’une commémoration. Il s’impose comme un appel à la conscience collective : se souvenir, oui, mais surtout agir, pour que l’histoire ne se répète jamais.














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