À travers une déclaration d’une rare fermeté, lu par Albert Mukulubundu, l’un des cofondateurs, ils disent leur profonde préoccupation face à l’opacité persistante entourant plusieurs accords conclus entre le régime de Kinshasa et le gouvernement des États-Unis d’Amérique.
Au cœur de leurs inquiétudes figurent notamment un accord sanitaire, dont ils dénoncent les atteintes présumées à l’éthique médicale et à la protection des données personnelles, ainsi qu’un dispositif relatif à l’accueil de migrants refoulés, perçu comme une atteinte à la dignité nationale.
Au-delà de la dénonciation circonstanciée de ces engagements, c’est une critique plus fondamentale qui est formulée : celle d’un pouvoir accusé de se départir de toute conception patrimoniale de l’État au profit d’une logique de cession, voire de dilapidation des intérêts nationaux.
Dans une formule d’une vigueur saisissante, les initiateurs du mouvement rappellent que la République démocratique du Congo ne saurait être assimilée à un bien privé dont les détenteurs du pouvoir disposeraient à leur guise. Elle constitue, insistent-ils, un patrimoine commun, indivisible, appartenant à l’ensemble du peuple congolais et dont la préservation engage une responsabilité historique.
Plus encore, l’idée selon laquelle le territoire national pourrait être transformé en un espace de relégation pour des populations indésirées ailleurs suscite une indignation sans équivoque. La RDC, affirment-ils, ne saurait être réduite à un « dépotoir humain », au mépris de sa souveraineté et de la dignité de ses citoyens.
Une telle perspective, si elle devait se confirmer, traduirait une rupture grave avec les principes fondamentaux qui fondent l’État et le contrat social.
Dans ce contexte, la question de la révision constitutionnelle apparaît comme le point de cristallisation ultime des tensions. Les membres fondateurs du Mouvement Sauvons la RDC annoncent leur détermination à faire échec à toute tentative en ce sens, en s’appuyant explicitement sur l’article 64 de la Constitution, qui consacre le droit et même le devoir des citoyens de s’opposer à toute prise de pouvoir ou à tout exercice de celui-ci en violation des dispositions constitutionnelles.
En invoquant ce fondement juridique, ils entendent inscrire leur démarche dans une légitimité non seulement politique, mais également normative.
Ainsi se dessine une séquence où se mêlent défiance politique, inquiétude souverainiste et mobilisation constitutionnelle. A travers cette prise de position, c’est moins une opposition circonstancielle qu’une mise en garde historique qui est adressée au pouvoir en place : celle de ne pas franchir la ligne de rupture au-delà de laquelle l’État cesse d’être l’expression de la volonté générale pour devenir l’instrument d’intérêts particuliers.
Dans une région déjà marquée par des équilibres fragiles, une telle dérive ne serait pas sans conséquences, ni pour la stabilité interne, ni pour la crédibilité internationale de la République démocratique du Congo.














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