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Le Rwanda à la quête de solutions pour diminuer les frais de transferts de fonds

Redigé par Ange Carolle Kouassi
Le 1er mars 2024 à 01:19

Dans une démarche proactive face à l’augmentation significative des flux de transferts de fonds, qui ont surpassé les investissements directs étrangers au Rwanda au cours des trois dernières années, le gouvernement explore des stratégies pour alléger le fardeau financier associé à ces transactions.

Ces envois de fonds, essentiellement des transferts d’argent non commerciaux effectués par des travailleurs étrangers ou des membres de la diaspora vers leur pays d’origine, ont atteint la somme remarquable de 470 millions de dollars en 2022, représentant 3,5 % du produit intérieur brut (PIB) du pays, d’après les données recueillies auprès de banques commerciales et d’agents de transfert d’argent tels que Western Union, MoneyGram, WorldRemit, ainsi que via des moyens informels.

Cette manne financière s’est révélée cruciale pour contrebalancer les pressions de dépréciation sur le franc rwandais, à l’instar des recettes touristiques, tout en jouant un rôle prépondérant dans l’amélioration de l’épargne nationale. Cependant, le coût élevé des transferts internationaux d’argent demeure une préoccupation majeure.

Herbert Asiimwe, responsable du développement du secteur financier au ministère des Finances, a souligné, selon le NewTimes, que les frais associés à ces envois représentent un défi global, exacerbé au Rwanda par l’utilisation de systèmes de compensation externes, générant ainsi des coûts supplémentaires.

Face à cette situation, le gouvernement envisage diverses mesures, y compris la possibilité de réévaluer la fiscalité sur ces services, tout en promouvant l’innovation technologique en partenariat avec le secteur privé. Des exemples d’innovations dans des pays comme le Zimbabwe et l’Éthiopie ont été cités comme des modèles potentiels à suivre. Par ailleurs, Soraya Hakuziyaremye, gouverneur adjoint de la Banque nationale du Rwanda, a reconnu que bien que l’objectif mondial des frais de transfert de fonds soit fixé à 3 %, les pays africains font face à des taux plus élevés, oscillant entre 4 et 6 %.

Néanmoins, l’émergence de technologies financières et l’installation de sociétés licornes continentales telles que Chipper Cash, Flutterwave, et Nala Money au Rwanda ont contribué à la réduction progressive de ces coûts grâce à une concurrence accrue.

La Banque mondiale, dans sa 22e mise à jour économique sur le Rwanda, a recommandé d’exploiter le système de paiement de l’Afrique de l’Est pour faciliter les transferts transfrontaliers à moindre coût et d’engager la diaspora rwandaise dans les marchés de capitaux nationaux. Ces initiatives pourraient non seulement réduire les frais de transfert mais également stimuler le secteur financier du pays et ses objectifs de développement plus larges.

Le rapport souligne l’impact positif des transferts de fonds sur l’investissement en capital humain et l’entrepreneuriat au Rwanda, suggérant une tendance des bénéficiaires à allouer davantage de ressources aux dépenses d’éducation et de santé.

Avec une projection du Fonds monétaire international estimant une augmentation des envois de fonds vers le Rwanda à 582 millions de dollars d’ici 2028, le pays se positionne activement pour optimiser ces flux financiers en faveur de son développement économique, en recherchant des solutions innovantes pour minimiser les coûts et maximiser l’impact positif de ces capitaux sur la société rwandaise.

Le Rwanda à la quête de solutions pour diminuer les frais de transferts de fonds

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