Le Rwanda envisage de restreindre l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans

Redigé par IGIHE
Le 30 avril 2026 à 10:23

Le gouvernement du Rwanda élabore de nouvelles mesures visant à restreindre l’accès des enfants de moins de 16 ans aux plateformes de réseaux sociaux, a annoncé le ministère des TIC et de l’Innovation.

Selon les autorités, cette initiative empêcherait les mineurs de créer des comptes ou de consulter des contenus sur des plateformes telles que Facebook, TikTok, Instagram et YouTube depuis le territoire national.

Cette orientation intervient dans un contexte de préoccupations croissantes à l’échelle internationale concernant l’exposition des enfants à des contenus en ligne jugés nocifs, plusieurs pays ayant récemment adopté des mesures similaires.

En Australie, une législation entrée en vigueur fin 2025 prévoit de lourdes sanctions, notamment des amendes pouvant atteindre 34,4 millions de dollars, à l’encontre des personnes ou entités facilitant l’accès des réseaux sociaux aux enfants de moins de 16 ans. De son côté, l’Indonésie a adopté en mars 2026 une loi comparable, classant des plateformes comme YouTube, TikTok et X comme présentant un risque élevé pour les mineurs.

Par ailleurs, une étude du ministère rwandais des TIC et de l’Innovation indique que 46 % des enfants ont accès aux services numériques via des téléphones mobiles, qu’il s’agisse d’appareils personnels ou de ceux de leurs parents.

En revanche, si les établissements scolaires mettent à disposition des ordinateurs à des fins pédagogiques, leur utilisation demeure généralement encadrée et limitée.

S’exprimant à la Rwanda Broadcasting Agency (RBA), la ministre des TIC et de l’Innovation, Paula Ingabire, a noté, sur la base des données, que 30 % à 35 % des enfants interrogés déclarent avoir été confrontés à des contenus perturbants en ligne.

« Nous avons constaté que lorsque les enfants sont sur Internet ou sur les réseaux sociaux, notamment sur des plateformes comme TikTok et YouTube, ils sont exposés à des contenus nuisibles, y compris des contenus explicites et d’autres éléments qui affectent négativement leur bien-être », a-t-elle déclaré, soulignant aussi le fait que les enfants possèdent souvent des compétences numériques supérieures à celles de leurs parents et enseignants, rendant la supervision plus complexe.

Actuellement, le Rwanda n’applique pas de restrictions d’âge pour la création de comptes sur les réseaux sociaux ni pour l’accès aux contenus en ligne.

Le gouvernement élabore de nouvelles mesures visant à limiter l’accès des moins de 16 ans aux réseaux sociaux

Le gouvernement travaille toutefois à la mise en place de mécanismes déjà utilisés dans d’autres pays afin de bloquer l’accès des enfants de moins de 16 ans à ces plateformes. Cette approche impliquera une collaboration entre les fournisseurs d’accès à Internet, les entreprises de réseaux sociaux et les parents.

« Notre objectif est de faire en sorte que les enfants de moins de 16 ans ne puissent ni créer de comptes ni accéder à ces plateformes », a expliqué Mme Ingabire. « Nous collaborons avec les parties prenantes concernées afin de concevoir un système applicable au Rwanda, comme cela se fait ailleurs, pour renforcer la protection des enfants en ligne. »

Les autorités estiment que cette mesure pourrait également contribuer à réduire les cybercrimes et encourager les enfants à s’orienter vers des activités plus adaptées à leur âge.

Dans l’immédiat, les parents sont appelés à surveiller le temps d’écran et les activités en ligne de leurs enfants.

La ministre Ingabire a, en revanche, insisté sur la volonté du gouvernement de promouvoir l’usage des technologies dans l’éducation tout en limitant les risques.

« Nous voulons améliorer la qualité de l’éducation grâce à la technologie tout en minimisant les risques », a-t-elle affirmé. « Cela inclut la protection des enfants contre les menaces en ligne et les contenus inappropriés susceptibles d’affecter leur développement. »

En septembre 2025, le Rwanda a adopté une politique nationale de protection des enfants en ligne. Ce cadre prévoit une coopération entre les agences gouvernementales et les fournisseurs d’accès à Internet pour détecter et bloquer les contenus nocifs, ainsi que des mesures réglementaires obligeant les plateformes à supprimer ces contenus.

La politique prévoit également la mise en place de systèmes de surveillance et de prévention de la cybercriminalité, alignés sur des normes internationales.

Elle recommande en outre l’élaboration de lignes directrices éthiques pour les développeurs de technologies et les fournisseurs de services, afin de garantir que leurs produits respectent les valeurs nationales et placent la sécurité des enfants au centre.

Certains experts appellent cependant à la prudence face à une interdiction généralisée. Sonia Ruton, directrice générale de l’organisation Hope for Young, estime que la technologie joue également un rôle important dans l’éducation.

« Une approche progressive est nécessaire », a-t-elle déclaré. « Les enfants doivent d’abord apprendre à utiliser la technologie de manière responsable. Des outils comme Google et YouTube peuvent les aider à mieux comprendre les matières scolaires, notamment les sujets complexes, bien que leur utilisation doive être encadrée afin d’éviter toute distraction. »

Les directives internationales en matière de santé recommandent de ne pas exposer les enfants de moins de deux ans aux écrans numériques. Pour les enfants âgés de deux à cinq ans, l’usage devrait être limité à environ une heure par jour sous supervision parentale, tandis que les enfants plus âgés devraient bénéficier d’un encadrement du temps d’écran.

Enfin, la ministre Paula Ingabire a indiqué que le futur déploiement d’un système national d’identification numérique pourrait faciliter l’application des restrictions d’âge en ligne, grâce à la vérification de l’identité des utilisateurs.

La ministre Ingabire a, en revanche, insisté sur la volonté du gouvernement de promouvoir l’usage des technologies dans l’éducation tout en limitant les risques

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