Une prise de pouvoir issue de l’après-guerre (2005)
L’histoire de cette domination débute en 2005, à la fin de la guerre civile. Dans un contexte de transition fragile, le CNDD-FDD remporte largement les élections communales et législatives, s’imposant comme la principale force politique du pays.
Cette même année, Pierre Nkurunziza est élu président par le Parlement, marquant l’entrée du parti au sommet de l’État et l’ouverture d’une nouvelle ère politique.
Cinq ans plus tard, en 2010, les élections renforcent cette dynamique. Le scrutin présidentiel est vivement contesté par l’opposition, qui dénonce des irrégularités lors des élections communales et choisit de boycotter la présidentielle.
Dans ce contexte, Pierre Nkurunziza est reconduit sans véritable concurrence, consolidant la mainmise du CNDD-FDD sur les institutions.
2015 : une crise politique majeure
L’élection de 2015 marque un tournant décisif. La candidature de Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat est vivement contestée, considérée par une partie de l’opposition et de la société civile comme contraire à la Constitution.
Le pays est alors plongé dans une grave crise politique, marquée par des manifestations, une tentative de coup d’État et une forte répression ayant fait des milliers de victimes et de disparus.
Malgré le boycott d’une partie de l’opposition et une forte condamnation internationale, Nkurunziza est réélu. Cette période laisse des traces profondes dans le tissu politique et social burundais. Le CNDD-FDD se sert des troubles antérieurs et du coup d’État échoué pour mener une politique de contrôle strict et de terreur.
En 2020, le paysage politique connaît une transition encadrée. Après l’adoption d’une nouvelle Constitution en 2018, qui modifie notamment la durée des mandats présidentiels, Pierre Nkurunziza renonce à se représenter. Le CNDD-FDD désigne alors Évariste Ndayishimiye comme candidat.
Ce dernier remporte largement l’élection présidentielle avec plus de 70 % des voix, tandis que le parti s’impose également aux législatives et aux élections communales, confirmant la continuité de sa domination institutionnelle.
Pierre Nkurunziza décédera en juin 2020 dans des circonstances jugées troubles, et cela deux mois avant le terme de son mandat.
Par ailleurs, les élections législatives et communales de 2025 viennent accentuer cette tendance. Le CNDD-FDD remporte l’ensemble des sièges de l’Assemblée nationale, dans un scrutin marqué par des accusations de fraude et des dénonciations d’un processus électoral sans véritable opposition. Le système est alors qualifié de « parti-État ».
En 2026, le parti au pouvoir poursuit sa structuration autour de la continuité, le CNDD-FDD ayant investit le dimanche 26 avril 2026 Évariste Ndayishimiye comme candidat à sa propre succession pour l’élection présidentielle de 2027. En cas de réélection, ce dernier pourrait rester à la tête du pays jusqu’en 2034.
Près de deux décennies après son arrivée au pouvoir, le CNDD-FDD s’est imposé comme l’acteur central, dominant et quasi hégémonique de la vie politique burundaise, structurant profondément l’ensemble des institutions et réduisant significativement l’espace de concurrence politique.
De 2005 à 2026, le pays est passé d’un système issu de l’accord de paix post-guerre à un modèle dominé par un seul parti, où les alternances politiques sont inexistantes et où les institutions restent largement contrôlées par la formation au pouvoir.
Une situation socio-économique préoccupante
Cependant, ce long maintien au pouvoir s’accompagne d’un bilan jugé très difficile sur le plan socio-économique. Le pays reste marqué par une grande précarité sécuritaire, une crise économique profonde et une inflation élevée, l’insécurité alimentaire chronique touchant environ 10 % de la population selon les statistiques.
Le Burundi demeure l’un des pays les plus pauvres au monde, une situation aggravée par des pénuries récurrentes de carburant, une inflation persistante et un isolement diplomatique de plus en plus marqué sur la scène internationale, limitant sa capacité d’influence et de coopération extérieure.














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