Selon le ministre Olivier Nduhungirehe, l’implication directe du Burundi dans le conflit rend sa participation aux médiations incompatible avec un rôle de médiateur chargé de résoudre la crise.
En effet, le président burundais, Évariste Ndayishimiye, a récemment assumé la présidence tournante de l’Union africaine lors de la 38ᵉ session ordinaire des chefs d’État et de gouvernement à Addis-Abeba.
Toutefois, les troupes burundaises sont directement engagées dans des opérations militaires dans l’est de la RDC, aux côtés des forces armées congolaises (FARDC) et des milices locales, y compris les FDLR.
Lors d’un point de presse jeudi à Kigali, en présence de la commissaire européenne à l’Égalité, à la Prévention et à la Gestion des crises, Hadja Lahbib, l’ambassadeur Nduhungirehe a pointé la détérioration des relations et l’implication néfaste de Gitega dans le conflit.
« Le Burundi est un pays voisin du Rwanda, également membre de la Communauté d’Afrique de l’Est […]. Mais, comme vous le savez, le Burundi a fermé ses frontières avec le Rwanda et, plus inquiétant encore, participe de manière néfaste à un conflit dans l’Est de la région : il a érigé des barrières contre les Banyamulenge à Minembwe, les empêchant d’accéder aux marchés, ce qui a aggravé les conditions de vie des populations. », a déclaré le ministre.
Dans ce contexte, le ministre Nduhungirehe a jugé inappropriée une médiation burundaise. « Bien qu’il ait accédé à la présidence tournante de l’UA, il est difficile pour le Burundi de s’impliquer dans la médiation. Nous avons une médiation conduite par le Togo, mandatée par l’Union africaine, avec cinq facilitateurs. Nous considérons que ces facilitateurs et médiateurs doivent poursuivre leur travail de soutien aux parties dans la mise en œuvre de l’Accord de Washington, sans l’implication du Burundi, qui est une partie prenante à ce conflit », a-t-il ajouté.
En outre, les relations entre le Rwanda et le Burundi ont connu une nouvelle détérioration ces dernières années. Le 11 janvier 2024, le Burundi a fermé tous ses postes frontaliers avec le Rwanda, suite à de prétendus « soutiens au groupe rebelle RED Tabara », des accusations jugées sans fondement par plusieurs experts.
En revanche, le Burundi est lui, pointé du doigt pour sa coopération étroite documentée avec le groupe génocidaire FDLR dans le conflit en République démocratique du Congo orientale.
En juillet 2024, des responsables rwandais et burundais ont tenu des rencontres à Zanzibar, lors d’une retraite des ministres des Affaires étrangères des États membres de la Communauté d’Afrique de l’Est, où les deux parties se sont engagées à restaurer leurs relations. Toutefois, aucune avancée concrète n’a été réalisée, les autorités burundaises ayant poursuivi leur rhétorique hostile à l’encontre du Rwanda, malgré les efforts diplomatiques qui ont suivi ces rencontres.














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