En affirmant que « la Présidence congolaise n’a pas à se justifier devant Kigali », le conseiller du Chef de l’État en matière de communication tente maladroitement de déplacer le débat, espérant substituer l’indignation rhétorique à la confrontation des faits. Or, lorsque les éléments matériels viennent contredire une version officielle, l’outrance verbale ne saurait tenir lieu d’argument.
Manifestement heurté par l’irréfutable véracité des faits qui lui sont opposés, Bienvenue Ilambo se réfugie dans un discours d’une affligeante platitude, vidé de toute substance intellectuelle et dénué de la moindre portée argumentative.
Ce procédé, désormais récurrent au sommet de l’appareil étatique congolais, consiste moins à répondre sur le fond qu’à construire un récit émotionnel destiné à détourner l’attention de l’opinion publique. La communication politique cesse alors d’être un exercice de transparence pour devenir un instrument de brouillage méthodique de la réalité.
Depuis plusieurs années, le pouvoir en place à Kinshasa semble avoir érigé la propagande en méthode de gouvernance. Les contre-vérités s’y succèdent avec une régularité déconcertante, les faits sont continuellement remodelés au gré des nécessités politiques du moment, tandis que la victimisation institutionnelle devient le refuge commode d’un régime incapable d’assumer pleinement ses propres contradictions.
Cette stratégie de communication, fondée sur l’émotion, la dramatisation et la fabrication permanente d’ennemis extérieurs, vise avant tout à masquer des échecs devenus difficilement dissimulables.
Car derrière les postures martiales et les déclarations tonitruantes se dessine une réalité autrement plus sévère : une gouvernance fragilisée, une diplomatie souvent improvisée, des institutions affaiblies et une opinion publique de plus en plus exposée à une propagande qui confond patriotisme et manipulation.
Lorsqu’un pouvoir politique substitue systématiquement le récit à la vérité, il finit inévitablement par s’enfermer dans ses propres contradictions. La parole publique perd alors toute crédibilité et avec elle l’autorité morale indispensable à l’exercice de l’État.
Le plus préoccupant demeure sans doute cette banalisation du mensonge politique comme mode ordinaire de gouvernement. À force de falsifier les faits, d’entretenir les confusions et de transformer chaque controverse en théâtre victimaire, certains responsables politiques semblent avoir oublié qu’aucune Nation ne peut durablement se construire sur l’altération permanente de la vérité. Car la propagande peut retarder l’évidence, elle ne peut jamais l’abolir.














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