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Paul Rusesabagina au cœur d’une nouvelle polémique après des déclarations controversées

Redigé par IGIHE
Le 18 mai 2026 à 10:54

Libéré en mars 2023 à la faveur d’une grâce présidentielle après avoir été condamné à 25 ans de prison pour des faits liés au terrorisme, Paul Rusesabagina se retrouve de nouveau au centre de la controverse.

Plusieurs de ses récentes déclarations suscitent de vives réactions, certains observateurs l’accusant de tenir des propos contradictoires et mensongers sur les circonstances de son arrestation et de sa détention au Rwanda.

Dans une récente prise de parole devant ses proches et sympathisants, Rusesabagina a affirmé qu’après son arrestation au Rwanda, des responsables du Bureau rwandais d’enquête (RIB) ainsi que du parquet lui auraient proposé d’intégrer les plus hautes sphères du pouvoir rwandais.

Selon lui, il lui aurait été proposé de devenir ambassadeur, ministre, voire vice-président du pays, à condition qu’il accepte de collaborer avec les autorités rwandaises.

« Veux-tu devenir ambassadeur ? Choisis le pays où tu souhaites être envoyé. Veux-tu devenir ministre ? Choisis le ministère. Veux-tu devenir vice-président ? Nous pouvons aussi te le donner. Le seul poste que nous ne pouvons pas te donner est celui de Président de la République », aurait-il déclaré en citant ses interlocuteurs.

Ces affirmations ont immédiatement provoqué des réactions critiques, plusieurs analystes estimant qu’elles relèvent de « l’affabulation » et de « la désinformation ».

L’un d’eux souligne notamment que la fonction de vice-président n’existe pas dans les institutions rwandaises, ce qui rendrait ces déclarations incohérentes.

« Comment peut-on prétendre qu’on lui a proposé un poste qui n’existe même pas dans la Constitution ? Quel intérêt le Rwanda aurait-il eu à faire cela ? », s’interroge cet observateur.

Le même analyste ajoute qu’il paraît peu crédible qu’une personne poursuivie pour des faits graves puisse se voir offrir des postes politiques de haut niveau au lieu d’être traduite en justice.

« Si de telles propositions avaient réellement existé, il les aurait évoquées bien plus tôt, notamment pendant son procès ou dans les nombreuses interviews qu’il a accordées », estime-t-il.

Ces nouvelles déclarations contrastent fortement avec les engagements pris par Rusesabagina avant sa libération. Dans une lettre adressée au Président de la République le 14 octobre 2022 pour solliciter sa grâce, il écrivait pourtant : « Je vous assure à travers cette lettre que je n’attends aucun avantage personnel ou politique. Je laisserai derrière moi toutes les questions liées à la politique rwandaise. »

Cette lettre avait précédé sa libération le 24 mars 2023, dans le cadre d’une grâce présidentielle.

Autre point jugé contradictoire par plusieurs observateurs : Rusesabagina affirme aujourd’hui qu’il était détenu dans un environnement où se trouvaient d’autres personnes dans des cellules voisines, alors que, lors de précédentes déclarations publiques et judiciaires, il avait laissé entendre qu’il était détenu seul.

Il affirme également qu’après avoir refusé les propositions qui lui auraient été faites, il aurait été conduit à travers Kigali afin de découvrir les progrès réalisés par le Rwanda et de comprendre les raisons pour lesquelles les autorités lui demandaient de cesser son opposition.

Cette version est toutefois accueillie avec scepticisme par plusieurs personnes interrogées.

« Où a-t-on déjà vu une personne arrêtée être promenée dans le pays comme un touriste pour lui montrer les réalisations nationales ? Cela ne correspond à aucune procédure judiciaire connue », réagit une autre source.

Rusesabagina affirme également qu’au moment de sa présentation publique devant le RIB, il était physiquement affaibli après avoir subi de mauvais traitements. Là encore, ses propos sont jugés contradictoires avec certaines déclarations antérieures.

Selon plusieurs témoignages recueillis auprès de personnes l’ayant côtoyé durant sa détention, il aurait bénéficié de conditions relativement confortables.

Des sources indiquent notamment que lorsqu’il était détenu au poste de police de Remera, il disposait d’un menu provenant d’un hôtel pour choisir ses repas quotidiens. Il pouvait également demander du vin.

Selon ces témoignages, les repas choisis lui étaient ensuite livrés directement sur son lieu de détention.

Une personne ayant déclaré lui avoir rendu visite affirme même avoir partagé des fruits avec lui lors d’une visite.

« Un jour, je suis allé lui rendre visite et nous avons mangé des fruits ensemble », témoigne cette source.

Concernant sa détention à la prison de Kigali à Mageragere, Rusesabagina soutient qu’il vivait dans des conditions difficiles, isolé des autres détenus et limité à une heure quotidienne de sortie au soleil.

Cependant, d’anciens détenus ainsi que plusieurs visiteurs décrivent une réalité différente. Selon eux, il occupait une chambre équipée de livres, d’un lit et d’un espace lui permettant de recevoir des visiteurs.

Il a également affirmé qu’il vivait dans « une petite pièce sans fenêtre ». Pourtant, des images filmées lors d’une visite d’un journaliste de Kigali Today montrent clairement une pièce disposant d’une fenêtre ouverte laissant entrer la lumière.

Enfin, Rusesabagina a affirmé que le jour de sa libération, Radio Rwanda avait annoncé que le Sénat et le Parlement s’étaient réunis pour approuver sa libération.

Une affirmation également contestée, plusieurs observateurs rappelant que sa sortie de prison était exclusivement liée à une grâce présidentielle accordée par le chef de l’État, sans implication du Parlement rwandais, qui ne joue aucun rôle dans les procédures de libération des détenus.

Libéré en mars 2023 grâce à une grâce présidentielle, après une condamnation à 25 ans de prison pour terrorisme, Paul Rusesabagina est de nouveau au cœur de la controverse

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