Les procureurs français accusent Mme Kanziga d’avoir joué un rôle dans la planification du génocide en tant que figure influente de l’ancienne élite dirigeante connue sous le nom d’« Akazu », et d’avoir participé aux événements du génocide entre le 7 et le 9 avril 1994, avant d’être évacuée par le gouvernement de l’ancien président français François Mitterrand.
En août 2025, un juge d’instruction en France avait mis fin à l’enquête ouverte en 2008, estimant qu’il n’existait pas suffisamment de preuves pour l’inculper de participation à la planification et à l’exécution du génocide.
Cependant, à la suite d’un recours du procureur général de Paris, la Cour d’appel a estimé, le 6 mai 2026, que le juge d’instruction s’était fondé sur un raisonnement contestable en suspendant l’affaire, ordonnant ainsi la reprise des investigations.
Le 7 mai, IBUKA a déclaré que cette décision resterait historique et serait toujours commémorée par les rescapés du génocide perpétré contre les Tutsi, y compris d’anciens voisins de Habyarimana dans la cellule de Kanombe, secteur de Nyarugunga, district de Kicukiro.
L’organisation a rappelé que Kanziga appartenait à l’« Akazu » (cercle intérieur), un réseau dominé par des membres de sa famille, qu’elle accuse d’avoir planifié et exécuté le génocide contre les Tutsi ayant coûté la vie à plus d’un million de Tutsi en 100 jours.
La famille de Marie Chantal Niyonshuti vivait à proximité immédiate de la résidence de Habyarimana à Kanombe, sans aucune autre habitation entre les deux concessions. Huit membres de sa famille, dont sa mère et sept de ses frères et sœurs, ont été tués pendant le génocide.
Dans un entretien accordé à IGIHE en avril 2024, Marie Chantal Niyonshuti a affirmé que de nombreux Tutsi avaient été tués près de la résidence de Habyarimana après l’attentat contre son avion, prétendument sur ordre de Kanziga, après que celle-ci « aurait été bouleversée par la mort de son mari ».
« Avant l’aube, ils voulaient que, lorsque les gens viendraient voir les restes de l’avion, il n’y ait plus aucun Tutsi ici. Ils les ont immédiatement emmenés au camp militaire et les ont brûlés. Ils n’ont même pas attendu le lever du jour », a-t-elle entre autres déclaré.
À la suite de la décision de la Cour d’appel de Paris de rouvrir l’enquête, Mme Niyonshuti a exprimé l’espoir que la procédure ne soit pas de nouveau suspendue.
« J’ai attendu 32 ans pour que justice soit rendue. J’attends toujours. S’il vous plaît, ne laissez pas l’enquête être encore interrompue », a-t-elle déclaré.
Pour sa part, le président d’IBUKA, le Dr Philibert Gakwenzire, a indiqué que l’organisation se concentre désormais sur la suite de la procédure judiciaire en France, soulignant que les rescapés du génocide sont prêts à témoigner sur ce qu’ils ont vu et vécu.
« Ce qui nous préoccupe désormais est la suite de la procédure. Nous appelons la justice française à s’inscrire dans le sillage d’espoir ouvert par la décision rendue hier. Les survivants demeureront, comme ils l’ont toujours été, disponibles pour témoigner des faits auxquels ils ont assisté et qu’ils ont vécus », a-t-il déclaré.
Le juge d’instruction est désormais attendu pour réexaminer les éléments de preuve et les témoignages qui auraient été précédemment écartés, mais qui pourraient établir des charges sérieuses contre Mme Kanziga concernant sa participation à la planification et à l’exécution du génocide contre les Tutsi.
IBUKA a également affirmé être disposée à fournir toute l’assistance nécessaire à la justice française afin de contribuer à l’établissement de la vérité dans l’affaire Agathe Kanziga.














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