Fondateur et directeur du journal Kangura, organe ayant largement diffusé des messages incitant à la haine contre les Tutsi et appelant les Hutu à s’y opposer, Ngeze a été reconnu coupable en 2003 de génocide et de crimes contre l’humanité par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Il avait alors été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
En 2007, la Chambre d’appel a réduit sa peine à 35 ans d’emprisonnement, tout en confirmant sa responsabilité pénale. Il purge depuis sa peine au Bénin.
Le 17 juin 2024, Ngeze a indiqué souffrir de problèmes de santé et demandé son transfert vers le centre de détention des Nations unies à La Haye, estimant que son état nécessitait des soins médicaux mieux adaptés.
Par la suite, les 29 août 2025 et 18 décembre 2025, des rapports médicaux relatifs à son état de santé ont été transmis à l’IRMCT, évoquant une maladie dont la nature n’a pas été rendue publique.
Dans une décision rendue ce 28 avril 2026, la présidente de l’IRMCT, Graciela Gatti Santana, a estimé que les éléments fournis ne démontraient pas un état de santé suffisamment grave ou urgent pour justifier un transfert.
« Les informations dont je dispose n’indiquent pas que la situation de Ngeze soit suffisamment grave et urgente pour justifier un transfert immédiat », a-t-elle indiqué.
En conséquence, la juridiction a conclu que les conditions requises n’étaient pas réunies, rendant la demande de transfert irrecevable.
Qui est Hassan Ngeze ?
Hassan Ngeze est une figure centrale de la propagande médiatique ayant précédé et accompagné le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 au Rwanda.
En 1990, il publie un texte considéré comme l’un des fondements idéologiques du « Hutu Power » - les "Dix Commandements du Hutu" - prônant une séparation radicale entre Hutu et Tutsi et stigmatisant toute relation entre les deux groupes.
Kangura, dont Ngeze était le directeur, était le pendant écrit de la tristement célèbre RTLM (Radio Télévision Libre des Mille Collines), le journal utilisant des caricatures violentes et un langage déshumanisant (traitant les Tutsi d’« Inyenzi » ou de « cafards ») pour préparer psychologiquement la population au massacre.
Actif au sein de la CDR (Coalition pour la Défense de la République), formation politique parmi les plus radicales de l’époque, Ngeze aurait personnellement supervisé des massacres et distribué des armes dans sa région natale de Gisenyi, utilisant sa notoriété pour désigner des cibles dans son journal et fournir des listes de personnes à abattre aux milices Interahamwe pendant le génocide commis contre les Tutsi.
Après la victoire du Front patriotique rwandais (FPR) qui mis fin au génocide contre les Tutsi en juillet 1994 - génocide qui en était à son 3ᵉ mois avec plus d’un million de personnes massacrées - Ngeze quitta le Rwanda. Il sera arrêté au Kenya en 1997.














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