Rwanda : l’Église catholique enquête sur un groupe s’étant doté d’un « pape » autoproclamé

Redigé par IGIHE
Le 30 avril 2026 à 12:16

L’Église catholique au Rwanda a indiqué avoir ouvert une enquête sur un groupe d’individus affirmant avoir désigné leur propre « pape » sur le territoire national, une affaire qui suscite de vives réactions sur les réseaux sociaux.

L’archevêque de Kigali et président de la Conférence épiscopale du Rwanda, Antoine Cardinal Kambanda, a confirmé que l’Église examinait la situation afin d’en établir les faits.

Selon des vidéos et informations largement relayées en ligne, un groupe de personnes s’est rassemblé pour annoncer l’installation d’un dirigeant présenté à la fois comme « pape » et « parent des élus ».

L’homme désigné comme leader est Faustin Harerimana. Lors de cette mise en scène symbolique, il a reçu un bâton, une croix et une Bible, cette dernière étant décrite comme la parole de Dieu.

Dans ses déclarations, Harerimana affirme que tout catholique baptisé est « élu », indiquant que son mouvement repose sur cette conviction, et soutient également avoir reçu une mission, tout en admettant que certains responsables de l’Église catholique au Rwanda ne la reconnaissent pas.

« Certains responsables de l’Église semblent s’opposer à nous, mais pas tous. C’est pourtant leur mission. Ils devraient se demander quel vêtement ils ont donné aux chrétiens et si le festin des noces de l’Agneau est préparé ici au Rwanda », a-t-il déclaré.

Il affirme par ailleurs que son groupe prie pour que les catholiques comprennent et adhèrent au message des « Élus ».

« Nous ne luttons pas en vain. Nous sommes un peuple préparé, prêt à nous unir au Christ dans un royaume d’amour, de justice et de paix. En ce moment, nous prions pour nos frères et sœurs qui ne nous comprennent pas encore, afin qu’ils ne nous opposent pas à l’Église. Nous ne sommes pas contre l’Église ; au contraire, nous pensons en faire pleinement partie », a-t-il ajouté.

Harerimana estime également que si tous les chrétiens adoptaient cette identité des « Élus », le pays connaîtrait une plus grande paix, insistant sur le fait qu’un tel appel promeut un amour concret, exprimé par des actes.

Réagissant à ces développements, le cardinal Kambanda a indiqué au média IGIHE que l’Église mène actuellement des investigations pour clarifier la situation.

« Nous examinons la situation pour déterminer ce qui doit être fait et dissiper toute confusion », a-t-il déclaré brièvement.

Plusieurs membres du clergé catholique ont également réagi. Le père Theophile Niyonsenga, en mission en Espagne, dit ne pas connaître ce groupe, tout en soulignant la nécessité pour l’Église d’examiner avec rigueur l’origine et les motivations de tels mouvements.

Il met en garde contre le recours à de supposées apparitions pour justifier de telles revendications, rappelant que l’Église ne peut s’y fonder et qu’il pourrait s’agir d’une grave erreur doctrinale.

De son côté, le père Dominique Mundere, étudiant à Rome, s’interroge sur les raisons pour lesquelles ce groupe continue de se réclamer de l’Église catholique malgré des positions jugées controversées.

Selon certaines informations, les membres de ce groupe autoproclamé des « Élus » seraient présents à la fois au Rwanda et à l’étranger, répartis dans plusieurs pays.

Cette affaire intervient dans un contexte particulier, alors que l’Église catholique au Rwanda a récemment célébré ses 125 ans de présence dans le pays. Elle compte aujourd’hui 236 paroisses réparties dans neuf diocèses, plus de cinq millions de fidèles, 1 160 prêtres et 3 884 religieuses.

L’Église catholique au Rwanda a indiqué avoir ouvert une enquête sur un groupe d’individus affirmant avoir désigné leur propre « pape »
Faustin Harerimana, présenté comme le leader, a reçu lors de cette mise en scène symbolique un bâton, une croix et une Bible, décrite comme la parole de Dieu

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