Yusuf Murangwa : « Les sanctions n’auront pas d’impact majeur sur notre économie »

Redigé par IGIHE
Le 5 avril 2025 à 12:36

Le ministre des Finances et de la Planification économique, Yusuf Murangwa, a assuré que les récentes sanctions imposées au Rwanda par certains pays n’auront qu’un impact limité sur l’économie nationale, soulignant que le pays continue de bénéficier de partenariats solides avec ses principaux bailleurs de fonds.

Le ministre s’exprimait ce 4 avril 2025, à l’occasion de la présentation des conclusions d’une mission de deux semaines conduite par le Fonds monétaire international (FMI).

Ces dernières semaines, des pays comme le Canada, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont imposé des sanctions économiques au Rwanda, l’accusant de soutenir le groupe rebelle M23 — des accusations que Kigali a toujours fermement rejetées comme étant dénuées de tout fondement.

La tension diplomatique s’est intensifiée lorsque le Rwanda a rompu ses relations avec la Belgique et mis un terme à plusieurs accords de coopération relatifs à des projets de développement d’un montant total de 95 millions d’euros sur la période 2024–2029. Au moment de cette rupture, près de 80 millions d’euros restaient encore non décaissés.

Murangwa a souligné que, bien que ces appuis aient été utiles, leur retrait ne compromettrait pas la stabilité économique du pays, en grande partie grâce au soutien constant d’autres partenaires.

« Les pays à l’origine des sanctions sont peu nombreux. Nos partenaires — tels que la Banque mondiale, le FMI, la Banque africaine de développement, ainsi que plusieurs autres États — n’ont imposé aucune mesure à notre encontre, ce qui limite considérablement l’impact global », a-t-il déclaré.

En 2024, le produit intérieur brut (PIB) du Rwanda s’est élevé à 18 785 milliards de francs rwandais, contre 16 626 milliards en 2023. Cette croissance a été principalement portée par le secteur des services, qui a contribué à hauteur de 48 %, suivi de l’agriculture, avec une part de 25 %.

Le ministre a également souligné que l’économie nationale repose désormais sur des fondations plus solides, avec une nette réduction de sa dépendance à l’aide extérieure — un facteur qui atténue sa vulnérabilité face aux sanctions.

« Nous investissons massivement dans le renforcement de notre autonomie économique. Au vu des progrès réalisés et de notre niveau de préparation, aucun risque majeur ne se profile à court terme. Néanmoins, nous resterons attentifs à toute évolution susceptible d’affecter notre trajectoire », a-t-il déclaré.

Au terme de la mission conjointe avec le FMI, il a été confirmé que l’économie du pays avait enregistré une croissance vigoureuse de 8,9 % en 2024. Murangwa a par ailleurs précisé que les perspectives pour les années à venir tablent sur un taux de croissance d’environ 7 %.

Pour sa part, la gouverneure de la Banque nationale du Rwanda (BNR), Soraya Hakuziyaremye, a indiqué que le FMI projette un taux d’inflation compris entre 2 % et 8 % pour les années 2025 et 2026 — des prévisions qui s’alignent sur celles de la banque centrale.

En mars 2025, la BNR avait anticipé un taux d’inflation de 6,5 % pour l’année en cours, avec une diminution attendue à 4,3 % en 2026. Hakuziyaremye a confirmé que ces projections avaient également été validées par le FMI.

Elle a également souligné que, malgré les incertitudes qui pèsent sur l’économie mondiale — en particulier la hausse des droits d’importation aux États-Unis —, la situation du Rwanda reste stable. Les autorités économiques, a-t-elle assuré, continueront de suivre de près l’évolution du contexte international.

Le ministre Murangwa a réaffirmé que les sanctions en vigueur ne compromettent pas la stabilité économique du pays : « Il n’y a pas lieu de paniquer. Nos exportations vers les États-Unis étaient déjà limitées et soumises à des droits de douane. Cela dit, la hausse des prix mondiaux, notamment des produits alimentaires et pétroliers, pourrait avoir un impact indirect en raison de ces hausses tarifaires », a précisé la gouverneure Hakuziyaremye.

L’évaluation du FMI a également porté sur l’évolution du franc rwandais face au dollar américain. Le Fonds a confirmé les chiffres avancés par les autorités rwandaises.

« Le franc rwandais s’est déprécié de 9,8 % par rapport au dollar, contre 18 % en 2023 — une amélioration notable. Ce ralentissement du rythme de dépréciation est encourageant, et nous visons un retour progressif à un niveau proche de 5 % dans les prochaines années », a-t-elle ajouté.

Le rapport a également révélé une hausse des réserves de change, qui s’élèvent désormais à l’équivalent de 5,4 mois d’importations à la fin de l’année 2024.

Par ailleurs, le ministère des Finances et de la Planification économique a annoncé qu’en 2025, le Rwanda lancera la deuxième phase du projet de l’Aéroport international de Bugesera, ainsi que l’extension de l’Aéroport international de Kigali, dans le cadre d’un partenariat majeur avec l’Autorité d’investissement du Qatar.

Le ministre des Finances a assuré que les récentes sanctions imposées au Rwanda n’auront qu’un impact limité sur l’économie nationale
Le chef de l’équipe du FMI ayant évalué l’économie du Rwanda, a déclaré qu’ils continueront à collaborer avec le pays dans son développement économique
La Gouverneure de la BNR a souligné que le FMI prévoit des taux d’inflation compris entre 2 % et 8 % pour 2025 et 2026
Le ministre des Finances a déclaré que les récentes sanctions imposées n’auront pas d’impact significatif sur l’économie du pays
Une présentation des conclusions de la revue de deux semaines menée par le FMI a eu lieu

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