Goma et ses voix un an après sa libération

Redigé par Tite Gatabazi
Le 28 janvier 2026 à 12:28

Un an s’est écoulé depuis que Goma, cette ville jadis marquée par l’insécurité et le chaos, est passée sous le contrôle de l’Alliance Fleuve Congo/M23. La ville, longtemps théâtre de rivalités armées et de tracasseries institutionnalisées, semble aujourd’hui respirer autrement.

Mais qu’en est-il réellement pour ceux qui la traversent, y vivent et y travaillent ? Les habitants eux-mêmes, à qui revient la vérité quotidienne, demeurent les arbitres de cette nouvelle ère.

Lors de la chute de la ville, nombre d’analystes doutaient de la capacité du mouvement à instaurer un ordre durable. La sécurisation des quartiers, la régulation des déplacements, la mise en place d’une administration capable de servir le citoyen : autant de défis que l’on croyait hors de portée.

Douze mois plus tard, ces interrogations persistent, mais la perception des Gomatraciens donne à voir une réalité transformée, où la peur recule et où l’espace urbain retrouve progressivement son sens de communauté.

La parole des habitants : mobilité, vie quotidienne et renaissance

Pour comprendre la portée de cette transformation, il fallait s’approcher de ceux qui incarnent la vie de Goma au quotidien. Qui mieux que des motards pour donner la photographie de Goma.

Là, parmi les véhicules, les bidons et les casques, les témoignages se font palpables : « Avant, chaque voyage était un pari contre le danger et les barrages ; aujourd’hui, je circule librement, sans crainte », confie un motard, esquissant un sourire qui trahit à la fois soulagement et fierté. Commerçants et jeunes citadins relatent la réouverture progressive des commerces, la reprise des échanges et le sentiment nouveau de sécurité dans les quartiers, où l’arbitraire a laissé place à des règles claires et respectées.

Même les territoires longtemps inaccessibles, tels que Masisi, semblent renaître sous les pas des voyageurs et des marchands : routes dégagées, barrières illégales disparues, sécurité assurée par une présence ordonnée et visible des forces de maintien de l’ordre.

Les témoignages convergent vers une même impression : Goma n’est plus seulement un espace géographique, mais une cité vivante, où la mobilité, l’activité économique et la dignité citoyenne s’entrelacent pour dessiner la trame d’une vie normale et retrouvée.

Ainsi, un an après janvier 2025, Goma incarne cette vérité essentielle : lorsque l’ordre, la volonté politique et la discipline se conjuguent, la ville retrouve sa respiration et le quotidien des habitants cesse d’être dicté par la peur et l’arbitraire.

Dans les voix des Gomatraciens, dans le mouvement des motards et dans l’activité retrouvée des marchés, la renaissance de la cité se lit clairement, marquant la fin d’une époque et l’avènement d’une nouvelle ère.

Aperçu de la ville de Goma sous l’administration de l’AFC/M23


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