A force d’être répétée, cette affirmation se voulait vérité d’État. Elle n’est pourtant plus qu’un slogan usé, vidé de toute capacité de conviction, y compris au sein du camp qu’elle prétend rassurer.
Car il est des dénégations qui, loin de dissiper le doute, le consacrent. Lorsque même les partisans les plus zélés cessent d’y croire, c’est que la fiction a cessé d’être opérante.
La réalité, têtue, se dresse en contrepoint de cette rhétorique commode. Les détournements massifs de deniers publics, la corruption devenue systémique, le tribalisme élevé au rang de mode de gouvernance, l’instrumentalisation grossière de la justice, les exclusions politiques, les persécutions ciblées et la banalisation d’un discours de haine corrosif ont profondément érodé le lien de confiance entre l’État et la nation.
Kinshasa, capitale abandonnée à l’insalubrité chronique et à l’insécurité endémique, encerclée par la violence des kulunas, est le miroir cruel d’un pouvoir qui ne gouverne plus, mais se justifie. Tout ramener, sans nuance ni introspection, à la faute d’un ennemi extérieur relève moins de l’analyse que de l’évitement.
La défaite du récit officiel
C’est précisément cette fuite en avant que dénonçait, à mots à peine couverts, le ministre Muhindo Nzangi lorsqu’il reconnaissait que le gouvernement avait perdu la bataille de l’information. Non pas face à une prétendue conspiration médiatique, mais face à l’évidence vécue quotidiennement par les citoyens.
Car l’information ne se combat pas seulement par des éléments de langage ; elle se confronte par la cohérence des actes, la crédibilité des institutions et la dignité de la gouvernance. Or, lorsque le discours officiel nie ce que chacun voit, subit et endure, il cesse d’informer pour sombrer dans la manipulation.
Cette manipulation, aujourd’hui, ne convainc plus personne. Elle ne fait qu’aggraver le discrédit qu’elle prétend conjurer.
En persistant à réduire la crise congolaise à une variable exclusivement sécuritaire et externe, le pouvoir s’interdit toute remise en question salutaire et toute réforme structurelle.
Pire encore, il confond souveraineté et irresponsabilité, patriotisme et déni, communication et propagande. La véritable crise de la RDC n’est pas seulement celle des armes, mais celle du sens, de la légitimité et de la parole publique. Tant que cette réalité sera niée, aucune victoire militaire, réelle ou proclamée, ne pourra restaurer la confiance perdue ni refonder l’État sur des bases solides et justes.














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