Les jalons de l’obstruction en RDC

Redigé par Tite Gatabazi
Le 13 janvier 2026 à 11:10

Félix Tshisekedi, après des mois d’atermoiements, semble céder à la pression conjuguée de la CENCO et des Églises protestantes, en acceptant l’idée d’un dialogue inclusif.

Cette ouverture, saluée par certains comme un progrès, n’en demeure pas moins entravée par des jalons qu’il a lui-même posés, et qui se transforment aujourd’hui en véritables obstacles.

Au-delà des déclarations spectaculaires, dont le caractère impulsif a souvent surpris observateurs et partenaires internationaux, il existe des actes juridiques lourds de conséquences, qui constituent autant de chaînes entravant la fluidité du processus.

L’Assemblée nationale avait voté une résolution interdisant au gouvernement tout dialogue avec l’AFC/M23, générant un paradoxe immédiat : tandis que le pouvoir prétend ouvrir une négociation, il reste prisonnier de ses propres décisions, incapable de conjuguer action politique et contrainte institutionnelle.

A Doha, gouvernement et AFC/M23 se retrouvent face à face, mais ces rencontres se déroulent sur un terrain miné par des procédures judiciaires qui continuent d’influencer la dynamique politique.

Des procès orchestrés et la saisie des biens d’autorités de l’AFC/M23, combinés à la mise à prix symbolique de leurs têtes par le ministre de la Justice, illustrent cette incongruité dramatique : un pouvoir qui veut négocier, mais qui maintient en parallèle une pression judiciaire extrême sur ses interlocuteurs.

Les boulets de l’imprudence

Ces contradictions exposent un trait structurel de l’exercice du pouvoir par Félix Tshisekedi : l’impréparation et l’émotivité, substitut temporaire à la réflexion politique mûrie.

Les « boulets » juridiques et politiques qui s’accrochent à ses pas ne sont pas de simples obstacles procéduraux ; ils constituent la matérialisation de décisions impulsives, prises sous l’effet de l’émotion, de l’ego ou de calculs tactiques à court terme.

A force de créer ces points de blocage, le président se trouve contraint, pour poursuivre toute avancée réelle, de « ravaler son chapeau », devant son opinion publique et devant ses partenaires internationaux, ce qui traduit une immaturité politique patente et coûteuse en termes de crédibilité.

La juxtaposition d’une rhétorique audacieuse, proclamant des lignes rouges infranchissables, et d’actes de juridiction coercitive dirigés contre ses interlocuteurs, révèle un pouvoir encore prisonnier de ses propres contradictions.

Chaque avancée diplomatique devient une marche instable, chaque négociation une performance fragile où la nécessité de concilier symbolique et pragmatisme se heurte aux décisions antérieures. Le dialogue inclusif, s’il doit se concrétiser, exigera que le président transcende ses impulsions, clarifie sa position et transforme les « boulets » hérités de ses excès en instruments de négociation et non en obstacles rédhibitoires.

En définitive, cette tension met en évidence une vérité essentielle : gouverner requiert plus que l’opportunisme verbal ou les effets de communication. La constance, la prévoyance et la maîtrise de la chaîne institutionnelle sont les seules garanties pour que le dialogue ne devienne pas un théâtre de contradictions, mais un instrument de paix et de stabilisation politique durable.

Félix Tshisekedi, après des mois d’atermoiements, semble céder à la pression conjuguée de la CENCO et des Églises protestantes

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