La proximité sociale comme fondement de la légitimité publique

Redigé par Tite Gatabazi
Le 10 janvier 2026 à 02:59

Une naissance exceptionnelle s’est produite à Goma, au cœur du Nord-Kivu, révélant bien davantage qu’un simple fait divers médical : elle a donné lieu à un acte politique au sens le plus noble du terme.

A l’hôpital général de la province, Maman Tuombe Simire a mis au monde quatre garçons, des quatriplets nés prématurément après un suivi médical éprouvant et une longue période d’hospitalisation. Déjà mère de dix enfants, vivant sans emploi avec un époux lui-même privé de travail, elle affronte une précarité extrême qui rendait cette épreuve d’autant plus vertigineuse.

Placés dès leur naissance en service de néonatologie, les nouveau-nés ont été accueillis dans des conditions médicales exigeantes. Leur mère, consciente du caractère singulier de cet événement, leur a donné des prénoms inspirés des archanges Gabriel, Mikael, Israël et Rafael, comme pour inscrire cette naissance sous le signe de la protection et de l’espérance.

Derrière cette symbolique spirituelle se cache pourtant une réalité sociale rude, faite d’angoisse matérielle et d’incertitude quant à l’avenir immédiat de la famille.

C’est dans ce contexte que le gouverneur de province, Bahati Erasto Musanga, accompagné du docteur Robert Biya, chef de division provinciale de la santé, s’est rendu personnellement au chevet de la mère et de ses enfants, le 9 janvier 2026.

Touché par la gravité de la situation autant que par son caractère exceptionnel, il a annoncé la prise en charge intégrale des frais hospitaliers. Par ce geste, sobre dans la forme mais puissant dans sa portée, l’autorité provinciale a affirmé une conception de la responsabilité publique fondée sur la solidarité concrète plutôt que sur la distance institutionnelle.

« C’est une grâce d’avoir quatre enfants », a déclaré le gouverneur, traduisant ainsi une lecture profondément humaine de l’action publique.

Ce geste dépasse largement l’assistance ponctuelle. Il envoie un signal politique fort : celui d’un pouvoir qui ne se contente pas de gouverner depuis les hauteurs administratives, mais qui descend au plus près des détresses réelles, là où se joue la dignité quotidienne des citoyens.

En assurant non seulement la prise en charge financière mais aussi le suivi de cette famille vulnérable, les autorités provinciales inscrivent leur action dans une logique de proximité, de responsabilité et de reconnaissance de la souffrance sociale comme enjeu politique majeur.

Dans la même dynamique, le gouverneur Bahati Erasto Musanga a rendu visite à Fabiola Mariam Murasi, chef d’avenue de Katindo, au quartier Katoyi, affectée lors de l’inhumation des vingt-deux victimes des bombardements de Masisi, organisée la veille au stade de l’Unité de Goma.

Là encore, la présence physique de l’autorité provinciale auprès des personnes directement touchées par la tragédie collective a valeur de message : celui d’un pouvoir qui assume la douleur des siens et refuse l’indifférence comme mode de gouvernance.

Enfin, cette séquence s’inscrit dans un effort structurel plus large. L’hôpital général de Goma est actuellement en pleine phase de construction et de modernisation, avec des infrastructures spécifiquement dédiées à la pédiatrie, aux soins mère-enfant et à la néonatologie.

Ce chantier, conjugué aux gestes immédiats de solidarité, dessine les contours d’une action publique qui articule urgence sociale et vision à long terme.

Ainsi, la prise en charge de Maman Tuombe Simire et de ses quatriplets ne relève pas seulement de la compassion individuelle : elle participe à la consolidation d’une légitimité politique fondée sur la présence, l’écoute et l’action.

Dans un contexte où l’autorité se mesure moins aux discours qu’à la capacité de répondre aux vulnérabilités réelles, ce geste symbolique raffermit le lien entre le nouveau pouvoir et les citoyens, et rappelle que la crédibilité de l’État commence souvent par un lit d’hôpital et une main tendue.

Le gouverneur Bahati Erasto Musanga a rendu visite à Fabiola Mariam Murasi, affectée lors de l’inhumation des vingt-deux victimes des bombardements de Masisi

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