La question directe du journaliste, sans fard ni circonlocution, met en lumière une problématique lourde de conséquences : « Travaillez-vous avec les FDLR ? » La réponse, brève, lapidaire et d’une franchise désarmante, ne laisse aucune place à l’équivoque : « L’ennemi de mon ennemi est mon ami. »
Cette assertion, qui pourrait sembler anodine à un œil superficiel, constitue en réalité un raccourci diplomatique d’une gravité exceptionnelle. Elle traduit un aveu clair de collaboration avec une organisation reconnue pour sa violence et son histoire criminelle, ennemie jurée de l’État rwandais, et ce, sans qu’aucune considération apparente n’ait été accordée aux conséquences politiques, sécuritaires et diplomatiques d’une telle posture.
Le chef de l’État burundais semble, par cette déclaration, ignorer ou minimiser les dynamiques régionales complexes, la mémoire historique et les risques de déstabilisation que son choix d’alliance pourrait provoquer dans les Grands Lacs.
Au-delà de l’indignité d’un tel raccourci verbal, ce qui frappe est l’illusion de maîtrise qu’il projette. Il se bombe le torse et affiche une confiance ostentatoire, mais il est manifeste que ce geste relève davantage de l’autoconviction que de la stratégie.
Incapable de lire les signes du temps et de mesurer les répercussions de ses actes sur l’échiquier régional, il expose son pays à des critiques, à un isolement diplomatique et à une fragilisation sécuritaire qui auraient pu être anticipés.
La déclaration n’est pas seulement un aveu personnel ; elle révèle une faiblesse structurelle de la diplomatie burundaise, réduite à des slogans simplistes et à des alliances opportunistes, là où l’analyse fine et la prudence auraient dû prévaloir. Elle soulève également une question éthique fondamentale : jusqu’où un chef d’État peut-il s’autoriser à franchir les lignes de l’alliance sans considération pour la légitimité morale de ses partenaires et les conséquences humanitaires qui peuvent en découler ?
Ainsi, cette interview devient plus qu’un simple échange journalistique ; elle constitue un révélateur des fragilités d’une gouvernance qui privilégie le réflexe opportuniste au détriment d’une vision éclairée et responsable.
Dans la région des Grands Lacs, où la mémoire du génocide contre les tutsi au Rwanda en 1994 reste vive et où les alliances militaires sont scrutées avec vigilance, de tels propos ne sauraient être considérés comme anodins. Ils trahissent un mélange inquiétant d’imprudence, d’illusion de puissance et d’ignorance stratégique, qui, s’il n’est pas rapidement corrigé, risque de coûter cher au Burundi et à son Président.














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