Selon les autorités, le ministre a été retrouvé mort tôt le matin du 16 avril dans son véhicule, un pick-up Toyota 4x4, stationné dans une plantation de palmiers à Kivoga, dans la région de Bujumbura.
Le porte-parole du gouvernement, Jérôme Niyonzima, a confirmé le décès tout en qualifiant l’incident d’« accident », sans fournir de détails supplémentaires sur les circonstances exactes.
Les images du drame montrent le ministre retrouvé seul dans le véhicule, sans escorte de sécurité, un fait jugé inhabituel pour une personnalité occupant un poste aussi sensible au sein du gouvernement burundais.
Par ailleurs, ces images circulant sur les réseaux sociaux ont alimenté les spéculations sur les circonstances du décès, certaines démontrant l’absence de traces évidentes de collision grave ou d’accident routier typique.
Un proche du défunt ministre a déclaré qu’avant sa mort, M. Bugaga avait exprimé des craintes, sans toutefois en expliquer clairement la nature. La même source affirme qu’il envisageait de quitter le Burundi pour le Canada, avant de changer d’avis.
Cet ami, basé en Europe, ajoute que M. Bugaga lui avait demandé de l’aide pour préparer son départ, déclarant : « La veille de sa mort, il m’a exhorté à accélérer le plan. »
D’autres témoignages indiquent qu’au milieu de ces inquiétudes grandissantes, M. Bugaga avait consulté des proches au sujet d’une éventuelle démission, mais ceux-ci l’auraient dissuadé, lui conseillant d’éviter une décision susceptible de créer des tensions politiques avec le gouvernement du président Évariste Ndayishimiye.
L’activiste des droits humains Pacifique Nininahazwe a pour sa part également remis en question la version officielle des faits, affirmant que le pick-up Toyota Hilux de M. Bugaga avait été retrouvé à Kivoga sans plaque d’immatriculation arrière et qu’aucun signe visible d’accident à proximité n’était observable, ce qui soulève des interrogations sur le lieu réel de l’incident.
Il a en outre relevé des détails inhabituels : « La première chose étrange est que la clé de la voiture ne se trouvait pas à l’intérieur du véhicule, mais dans le sac de Gabby Bugaga. A-t-il conduit sans clé ? Ou a-t-il garé la voiture, retiré la clé, s’est allongé et a placé sa jambe hors de la fenêtre en attendant la mort ? »
Dans ce contexte, le président de la Ligue Iteka, Anschaire Nikoyagize, a rappelé le fait que depuis l’arrivée au pouvoir du président Évariste Ndayishimiye en juin 2020, 2 248 corps de personnes mortes dans des circonstances peu claires ont été recensés au Burundi.
Il estime que la mort de M. Bugaga devrait elle aussi faire l’objet d’un examen approfondi plutôt que d’être automatiquement classée comme un accident.
Face à ces interrogations, plusieurs organisations de défense des droits humains et acteurs de la société civile appellent à l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’établir les circonstances exactes du décès.
Le gouvernement, de son côté, maintient sa version d’un accident et affirme qu’une enquête administrative et judiciaire est en cours.
Gabby Bugaga, ancien journaliste et haut fonctionnaire, avait été nommé ministre de la Communication et des Médias en août 2025.














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