Dignité et Etat ou le choix politique comme fondement de la citoyenneté

Redigé par Tite Gatabazi
Le 5 janvier 2026 à 04:55

La dignité d’un peuple ne surgit jamais par hasard ; elle n’est ni un don providentiel ni un privilège naturel, mais le fruit d’un choix politique volontaire, courageux et cohérent.

Elle se construit là où l’État, conscient de sa vocation fondamentale, cesse de servir ses propres intérêts et place le citoyen au centre de son action. Là où la puissance publique protège au lieu d’abandonner, où elle garantit la sécurité et la justice plutôt que de les hiérarchiser au gré des calculs de pouvoir, la dignité devient un principe tangible, reconnu et vécu.

En République démocratique du Congo, ce principe est loin d’être acquis. La négation de la dignité humaine ne saurait être envisagée comme une contingence fortuite de l’histoire ; elle constitue, en réalité, l’aboutissement prévisible et implacable d’un système politique structurellement défaillant.

Lorsqu’un État abdique sa responsabilité première, protéger ses citoyens, garantir leurs droits fondamentaux et assurer la régularité de l’ordre public, il engendre un vide institutionnel où prospèrent l’arbitraire, l’injustice et la dépossession morale. Dans ce contexte, la misère, l’insécurité et l’humiliation deviennent les instruments involontaires mais constants d’une gouvernance défaillante et la souffrance collective, une conséquence directe de l’incapacité structurelle à concevoir et appliquer des politiques publiques fondées sur le respect inconditionnel de l’homme.

Ainsi, la dignité bafouée n’est jamais un accident : elle est le miroir cruel d’une architecture étatique corrompue, fragile et détournée de sa vocation première.

Ce système, qui se révèle incapable d’assurer les fonctions régaliennes les plus élémentaires : sécurité, justice, protection des populations, a érigé l’indifférence, l’injustice et la corruption en normes de gouvernance. Les institutions, au lieu d’incarner la protection des citoyens, se font complices d’une dépossession morale et matérielle quotidienne, laissant le peuple dans un état de vulnérabilité permanente et de soumission contrainte.

Face à cet échec structurel, l’urgence d’une rupture politique et institutionnelle devient non seulement évidente, mais inévitable. Le maintien d’un statu quo qui piétine la dignité collective est incompatible avec l’existence même d’une République digne de ce nom.

Une transformation profonde implique de redéfinir les priorités de l’État, de rétablir la primauté de la loi et de replacer le citoyen au cœur du projet national. Cette rupture ne se limite pas à une simple alternance au sommet ; elle requiert un renouvellement des pratiques, une réaffirmation de l’éthique publique et une réappropriation de la souveraineté par le peuple.

La dignité, dans ce contexte, devient un révélateur de la qualité de l’État et de sa légitimité. Là où elle est bafouée, l’autorité perd sa substance ; là où elle est respectée, l’État se redresse et se projette dans l’histoire avec force et crédibilité. Il ne s’agit donc pas d’une aspiration abstraite : c’est une exigence pratique et immédiate, une condition sine qua non de la stabilité politique, de la justice sociale et de la cohésion nationale.

Ainsi, la République démocratique du Congo se trouve à la croisée des chemins : soit persister dans la logique de l’abandon et de l’échec institutionnel, soit engager résolument la rupture nécessaire, refondant ses structures sur la dignité et le respect inconditionnel de l’homme.

Car la dignité d’un peuple, loin d’être un état passif, est le produit d’une volonté politique assumée et d’un courage collectif capable de dépasser les intérêts égoïstes pour construire une nation à la hauteur de ses aspirations.

La dignité d’un peuple naît lorsque l’État place le citoyen au centre et garantit sécurité et justice. En RDC, ce principe reste fragile

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