Fondé sur la résolution des causes profondes des crises récurrentes à l’Est, il articule sa démarche autour de plusieurs axes essentiels : l’éradication de la persécution systémique à l’égard des tutsis congolais ; la pacification durable des provinces orientales, préalable indispensable au retour des réfugiés ; la mise en place d’une gouvernance véritablement inclusive, rompant avec les logiques séculaires d’exclusion ; et le démantèlement des milices armées à idéologie antitutsie, lesquelles structurent l’insécurité et menacent la stabilité régionale.
L’objectif n’est pas seulement humanitaire, mais intrinsèquement politique : créer les conditions d’une paix durable en brisant les mécanismes de violence ethno-militaire et en réorientant les alliances vers un consensus régional fondé sur la légalité et l’État de droit. Doha constitue ainsi une tentative de réconciliation structurelle, exigeant de toutes les parties un engagement sincère et la mise en sourdine des calculs opportunistes.
La dérive de Kinshasa et l’incompatibilité stratégique
Or, cette approche se heurte frontalement à la politique actuelle de Kinshasa, qui repose sur l’instrumentalisation et la réorganisation de groupes armés à visée ethno-idéologique. Les Maï-Maï, les FDLR et les Nyatura, aujourd’hui regroupés sous l’étiquette Wazalendo, sont utilisés comme leviers de mobilisation politique, consolidant un nationalisme à tonalité antitutsie pour pallier la fragilité de l’autorité présidentielle face à la crise sécuritaire de l’Est.
Dans ce contexte, la haine antitutsie n’est plus un simple résidu de conflit, mais un instrument de pouvoir, méthodiquement exploité pour légitimer des actions militaires et politiques dont l’objectif ultime semble dépasser la simple défense du territoire.
Cette stratégie rend structurellement impossible l’engagement sincère de Félix Tshisekedi dans le processus de Doha, qui impose une reconfiguration des alliances et la marginalisation, voire l’exclusion, des acteurs armés considérés jusqu’ici comme des alliés stratégiques. Le rejet de Doha traduit ainsi un choix délibéré : maintenir le soutien aux Wazalendo, aux FDLR et à certains acteurs régionaux, dont le Burundi, dans une logique de confrontation directe avec le Rwanda.
Ce schéma, combiné aux calculs du président Evariste Ndayishimiye, vise à un objectif de déstabilisation régionalement ciblé, allant jusqu’à l’ambition ultime de renverser le pouvoir à Kigali.
Le refus de Doha ne se limite donc pas à un simple désaccord diplomatique ; il constitue un acte stratégique lourd de conséquences, révélant une cohérence interne fondée sur l’escalade militaire et l’instrumentalisation ethno-politique.
En écartant le dialogue structurel au profit d’une logique de confrontation et de manipulation des alliances régionales, Kinshasa s’expose à l’isolement international et à la perpétuation d’une instabilité endémique qui, tôt ou tard, érodera la légitimité même de son pouvoir.














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