Il s’agit d’une dynamique où le vernis de la diplomatie dissimule des stratégies de temporisation, de diversion et de manipulation, destinées à retarder les échéances politiques et à brouiller les pistes du dialogue inclusif.
Dans ce contexte, le dialogue, au lieu d’être l’instrument privilégié de la paix et de la réconciliation, se mue en un artifice destiné à masquer les dissensions, à édulcorer les discussions et à conférer au pouvoir en place l’illusion de l’action sans en assumer la substance.
Cette pratique, si elle se prolonge, érode non seulement la crédibilité des instances de médiation, qu’elles soient nationales ou régionales, mais compromet également l’intérêt supérieur de l’État et la confiance des populations, qui se trouvent reléguées au rang de spectatrices impuissantes d’un théâtre politique où la vérité et la responsabilité semblent reléguées au second plan.
Dans le théâtre politique congolais, certaines pratiques relèvent désormais du registre presque ritualisé de la diversion et de la manipulation. L’attitude du Président Félix Tshisekedi, qui semble s’adonner avec constance à ce que l’on pourrait qualifier de « jeu favori » consistant à noyer le poisson, illustre avec acuité cette dynamique.
Tandis que le processus de Doha, censé avancer vers la pacification et la consolidation d’un dialogue régional sérieux, commence à se déliter, le chef de l’État congolais détourne subrepticement l’attention en orientant de nouveau les projecteurs vers Luanda. L’objectif, bien que voilé sous des apparences diplomatiques est limpide pour qui observe les logiques du pouvoir : retarder les échéances, gagner du temps et brouiller les pistes, au risque de compromettre la crédibilité même des mécanismes de dialogue inclusif préconisés par la CENCO et les Églises protestantes.
La récente sollicitation du Président angolais pour réunir discrètement certains dirigeants politiques congolais ne constitue, en réalité, qu’une redite d’initiatives déjà connues et partiellement éprouvées.
Derrière le vernis de la médiation et de la restauration de la paix, il se dessine une stratégie de temporisation, où le dialogue est édulcoré et où la substance des enjeux est éclipsée au profit de manœuvres politiciennes.
La question fondamentale qui se pose désormais est celle de l’efficacité réelle de telles initiatives : permettront-elles de rapprocher les positions et de restaurer une paix durable, ou ne serviront-elles qu’à prolonger l’incertitude et à masquer les réelles dissensions qui minent l’Est de la RDC ?
Seul le temps et la fermeté des acteurs régionaux et nationaux permettront de trancher, mais le constat est inquiétant : lorsque le dialogue devient instrument de retardement plutôt que vecteur de résolution, ce sont les populations et l’État lui-même qui en pâtissent.














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