Leur parole, jadis porteuse d’espérance et de régénération sociale, se trouve instrumentalisée au service de calculs partisans et d’intérêts immédiats. En bénissant l’échec, en sacralisant l’impuissance publique et en transformant la détresse populaire en marchepied politique, ils contribuent à l’érosion silencieuse du pacte national.
Ainsi, au lieu d’éclairer les consciences, ils les anesthésient ; au lieu d’exiger des comptes, ils légitiment l’irrégularité et l’incohérence. Ce renoncement collectif à l’exigence morale constitue l’une des plus redoutables menaces pour la Nation : non pas le tumulte des crises visibles, mais la corrosion intérieure des valeurs qui fondent la communauté politique.
Les fronts politiques aujourd’hui mobilisés en République démocratique du Congo laissent transparaître, avec une acuité saisissante, une véritable décadence morale, une dépravation des consciences et une inversion tragique de l’échelle des valeurs.
Le spectacle donné par certains pasteurs et chefs coutumiers, ardemment engagés dans la reconduction de Félix Tshisekedi au pouvoir, illustre une dérive inquiétante : loin d’être des sentinelles éthiques, ils se muent en auxiliaires serviles d’un système défaillant. Ils ne manient ni machettes ni fusils, mais ils participent néanmoins à la même mécanique de désagrégation nationale : banaliser la souffrance populaire et légitimer la perpétuation du chaos.
Alors même qu’à l’Est du pays, des compatriotes périssent chaque jour, que des localités entières sont anéanties et que l’État se révèle dramatiquement défaillant, ces prétendus guides spirituels et traditionnels choisissent de sanctifier l’échec, de bénir l’impuissance publique et d’ériger la religion comme la coutume en instruments de propagande.
Leur soutien aveugle n’est pas anodin : il normalise l’insécurité, endort les consciences, entrave toute exigence de reddition de comptes et transforme la résignation collective en vertu patriotique.
A cela s’ajoute un autre symptôme d’appauvrissement intellectuel et moral : l’inculture tapageuse des « matinées politiques » animées par Augustin Kabuya. Ces rassemblements où l’on convoque des foules affamées et désœuvrées, espérant confusément un morceau de pain, se voient servir à la place une logorrhée de slogans creux et de péroraisons sans substance.
L’on y confond démagogie et pédagogie, cris et pensée politique, agitation et projet national. Ces liturgies profanes de la vacuité ne nourrissent ni l’esprit ni le corps : elles exploitent la misère matérielle pour légitimer la pauvreté intellectuelle.
Soutenir obstinément un pouvoir dont le bilan est marqué par l’insécurité persistante, l’effritement institutionnel et l’atonie stratégique, ce n’est plus une profession de foi, mais un calcul opportuniste. Ce n’est plus la perpétuation de la tradition, mais une authentique trahison du devoir moral.
A partir du moment où une autorité religieuse, traditionnelle ou partisane met son influence au service d’un système qui engendre la mort, la misère et l’humiliation nationale, elle renonce à la dignité de guide pour endosser le rôle de fossoyeur de la République.
L’histoire, quant à elle, demeure d’une sévérité implacable. Elle n’absout jamais les compromissions, surtout lorsque celles-ci ont couvert la douleur d’un peuple et transformé la faillite d’État en destin supposé.
Ceux qui, par calcul, par peur ou par appétit, auront préféré la proximité du pouvoir à la vérité, devront un jour affronter ce tribunal silencieux : celui de la mémoire nationale.














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