Plus de parasols disparates, plus de tables de fortune où siégeaient des hommes en uniformes disparates, plus de poignées de main furtives échangées contre des faveurs illégitimes. Aujourd’hui, l’accueil est empreint de courtoisie, le service est rapide et efficace, la file est respectée avec une discipline presque exemplaire malgré l’affluence incessante.
Dans les rues de Goma, une énergie nouvelle palpite. La ville, naguère meurtrie par l’instabilité, retrouve son éclat d’antan. La sécurité, autrefois vacillante, est désormais un socle inébranlable. On circule à toute heure sans crainte, les motards sillonnent les artères de la ville même aux confins de la nuit, témoins silencieux du retour à une paix tangible. Les bars et les ngandas bruissent de rires et de conversations animées, et les mélodies s’égrènent jusqu’aux premières lueurs de l’aube, comme pour célébrer cette insouciance reconquise.
La cité s’embellit sous l’effet d’un civisme retrouvé. Le salongo, ce rituel salvateur de propreté collective, a redonné aux avenues de Goma une splendeur éclatante. Le lac Kivu, miroir de la ville, reflète à présent une silhouette ordonnée, où l’harmonie a supplanté le chaos. L’eau coule désormais sans interruption, l’électricité éclaire chaque foyer sans l’ombre d’une défaillance, et la connexion internet relie la ville au vaste monde, abolissant les frontières de l’isolement.
Mais Goma n’oublie pas. Goma se souvient. Dans le murmure du vent, dans le silence des veillées, affleure encore la douleur des années sombres. On parle, on se remémore, on pleure parfois, mais ces larmes ne sont plus celles de la peur : elles sont celles du deuil, de la résilience et du serment tacite de ne jamais sombrer à nouveau.
Ceux qui jadis semaient la désolation, ces hordes aux desseins funestes, qu’ils soient mercenaires d’oppression ou soldats sans foi ni loi ne fouleront plus jamais cette terre meurtrie. La ville s’est relevée, digne et inébranlable.
La démobilisation se poursuit avec détermination. Les armes, jadis disséminées dans l’ombre, sont peu à peu recueillies, neutralisées, reléguées aux vestiges d’un passé qu’on refuse de voir ressurgir. Seul point d’ombre dans cette fresque renaissante : la fermeture des banques, un écueil auquel les nouvelles autorités s’attellent avec diligence pour en atténuer les répercussions.
Et pourtant, malgré ce contretemps, Goma exulte. Goma revit. Elle retrouve la ferveur qui faisait jadis battre son cœur au rythme du commerce, de la culture, de la vie. Il fait bon y être, bon y marcher, bon y aimer. Goma, cité d’espérance, épouse à nouveau son destin avec panache, irriguée par un souffle nouveau, celui d’une renaissance méritée.

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