Une fuite en avant tragique du président Ndayishimiye

Redigé par Tite Gatabazi
Le 2 avril 2025 à 02:36

Dans une frénésie aveugle, l’âme égarée du président Burundais Evariste Ndayishimiye s’abîme dans une fuite éperdue, croyant échapper à l’inéluctable, sans percevoir qu’il ne fait que précipiter sa propre déchéance.

Plus il s’élance, plus l’abîme s’ouvre béant sous ses pas, engloutissant les vestiges d’une lucidité vacillante. Loin d’être une échappatoire, cette fuite en avant s’avère une course insensée vers le gouffre, une errance tragique où chaque foulée, au lieu de libérer, enchaîne davantage l’être à son propre naufrage.

L’illusion du salut n’est qu’un mirage cruel, et dans l’ombre grandissante de son destin funeste, la conscience tourmentée s’efface, consumée par l’inexorable fatalité qu’il tentait vainement de fuir.

Depuis le début de l’année 2024, le président Évariste Ndayishimiye, après un mandat chaotique à la présidence de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), s’est engagé dans une rhétorique ouvertement provocatrice à l’égard de son homologue rwandais.

Cette escalade verbale s’est matérialisée par la fermeture brutale des frontières avec le Rwanda en janvier 2024, plongeant les populations frontalières dans un marasme économique sans précédent et fragilisant davantage une économie burundaise déjà exsangue.

Les déclarations incendiaires du président Ndayishimiye se sont multipliées, notamment lors d’une conférence à Kinshasa en janvier 2024, où il promit aux jeunes rwandais de les aider à se débarrasser du président Kagame. Il enfonça le clou lors d’un discours prononcé à Kirundo, affichant une posture guerrière et prétendant que le Rwanda ne saurait vaincre le Burundi dans un conflit armé.

En mars 2025, lors d’une interview accordée à la BBC, il alla jusqu’à évoquer des supposées velléités d’agression rwandaise, affirmant que son pays était prêt à répondre par la force.

Une ingérence hasardeuse en RDC aux conséquences désastreuses

Loin de favoriser la paix et la stabilité régionales, la politique extérieure du président burundais a contribué à envenimer la crise dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Après son accession à la présidence de l’EAC en juillet 2022, M. Ndayishimiye aurait pu incarner un artisan du dialogue et de la médiation.

Mais il fit un tout autre choix, engageant près de 10 000 soldats burundais aux côtés des FARDC, des FDLR, des miliciens Wazalendo et de divers groupes armés, dans une guerre sanglante contre l’AFC/M23.

Le bilan de cette aventure militaire est catastrophique : des milliers de militaires burundais tombés sur le champ de bataille, un afflux massif de réfugiés congolais, et une paralysie de la frontière burundo-congolaise. L’avancée inexorable de l’AFC/M23 vers Uvira a semé la panique parmi les populations et jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir burundais, révélant l’impréparation et l’aveuglement d’une stratégie hasardeuse.

Crise intérieure : un régime à bout de souffle

Sur le plan interne, le Burundi s’enfonce dans un abîme de tensions politiques et socio-économiques. À l’approche des élections législatives et communales, la répression s’intensifie : obstacles bureaucratiques pour les partis d’opposition, harcèlement des organisations de la société civile, assassinats ciblés et disparitions forcées. Dans les pays voisins, les réfugiés burundais survivent dans des conditions précaires, sans perspectives de retour.

L’économie nationale est en pleine implosion : les banques sont en rupture de devises, les étalages des marchés sont vides, les stations-service désertées faute de carburant. La corruption gangrène les institutions, le clientélisme dicte la distribution des ressources, et la gouvernance s’enlise dans des logiques de prédation. Le régime, incapable d’assurer un minimum de bien-être à sa population, cherche à désigner un ennemi extérieur pour masquer son incurie, multipliant les discours populistes aux accents guerriers.

Quel avenir pour un pouvoir à la dérive

Alors que le président Ndayishimiye préside le COMESA pour l’exercice 2024-2025, quel bilan compte-t-il présenter en matière de paix et de coopération régionale ? Loin d’avoir renforcé l’intégration est-africaine, son mandat est synonyme d’isolement croissant et d’un naufrage économique et diplomatique.

Dans une frénésie aveugle, l’âme égarée du président Burundais Evariste Ndayishimiye s’abîme dans une fuite éperdue

Publicité

AJOUTER UN COMMENTAIRE

REGLES D'UTILISATIONS DU FORUM
Publicité