Ndayishimiye menace de riposter à une offensive du RED Tabara en ciblant Kigali

Redigé par IGIHE
Le 25 mars 2025 à 02:44

Le président burundais, Évariste Ndayishimiye, a averti que si le groupe armé RED Tabara lançait une attaque contre Bujumbura depuis la République démocratique du Congo, l’armée burundaise riposterait en ciblant Kigali.

Dans une interview accordée à la BBC, le président burundais Évariste Ndayishimiye a affirmé disposer d’informations "crédibles" indiquant que le Rwanda chercherait à attaquer le Burundi en s’appuyant sur le groupe rebelle RED Tabara, actif dans la province du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo.

"Nous savons que le Rwanda tente de nous attaquer en passant par la RDC et en utilisant le groupe RED Tabara. Mais nous leur disons que si Bujumbura est visée depuis la RDC, alors, de notre côté, Kigali n’est pas loin en passant par Kirundo", a-t-il averti.

Ce n’est pas la première fois que Ndayishimiye accuse le Rwanda de soutenir RED Tabara. En décembre 2023, après une attaque de ce groupe rebelle dans la zone de Gatumba, à Bujumbura, il avait déjà formulé ces accusations, entraînant la fermeture des frontières entre les deux pays en janvier 2024.

Le gouvernement rwandais a qualifié ces accusations de surprenantes, affirmant n’avoir aucun lien avec aucun groupe armé opposé au pouvoir burundais

Ndayishimiye a également reproché au Rwanda de déstabiliser la RDC par l’intermédiaire du groupe rebelle M23 et a affirmé que Kigali tenterait d’adopter la même approche contre le Burundi en s’appuyant sur le RED Tabara.

"Nous savons qu’ils veulent utiliser le RED Tabara pour attaquer le Burundi, tout comme ils le font en RDC avec le M23. Les Burundais sont prêts", a-t-il déclaré.

En janvier 2025, il avait publiquement accusé le Rwanda de préparer une invasion de son pays. Cependant, lors d’une rencontre avec des diplomates tenue le 27 février 2025, il avait brusquement changé de ton, exprimant la volonté du Burundi de privilégier le dialogue pour résoudre la crise.

‘Afin d’éviter une guerre entre nos deux pays, nous sommes prêts à résoudre nos différends par des moyens pacifiques… Jusqu’à présent, le Burundi reste disposé à dialoguer avec le Rwanda pour mettre fin à ce conflit,’ avait-il indiqué.

Dans cette dynamique, des représentants militaires et des services de renseignement des deux pays se sont réunis à deux reprises pour discuter des questions de sécurité frontalière, la dernière rencontre ayant eu lieu à Kirundo, au Burundi, le 10 mars dernier.

Alors que ces discussions se poursuivaient, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, l’ambassadeur Olivier Nduhungirehe, avait déclaré le 14 mars 2025 que les relations entre Kigali et Bujumbura progressaient vers une désescalade des tensions.

"Le Rwanda et le Burundi sont sur la bonne voie pour apaiser les tensions et parvenir à un accord, car les discussions entre les dirigeants des deux pays se poursuivent." a-t-il affirmé.

Le Président Paul Kagame, s’adressant aux citoyens le 16 mars 2025, a suggéré que la Belgique avait cherché à unir le Burundi et la République démocratique du Congo contre le Rwanda, tout en laissant entendre que les relations entre Kigali et Bujumbura étaient en voie de réconciliation.

"Ceux qui nous ont colonisés – le Rwanda, le Burundi et la RDC – ont d’abord cherché à rassembler ces deux pays pour qu’ils s’opposent au Rwanda. Mais cela est en train de changer et de s’éclaircir. Je ne souhaite pas m’attarder davantage sur ce sujet, mais nous travaillons à établir de bonnes relations avec l’un de ces deux pays", a-t-il déclaré.

Cependant, le même jour, alors qu’il se trouvait dans une église à Vision de Jésus-Christ, le président burundais Évariste Ndayishimiye a accusé le Rwanda d’être à l’origine des troubles dans la région et a qualifié l’idée d’une invasion de son pays de pure folie.

Le contentieux entre les deux pays trouve également son origine dans la tentative de coup d’État de 2015 contre l’ex-président burundais Pierre Nkurunziza. Le président Ndayishimiye a exprimé son mécontentement envers le Rwanda pour avoir refusé d’extrader les personnes impliquées. Kigali a justifié cette décision en soulignant que ces individus jouissaient du statut de réfugiés, protégé par le droit international.

Réagissant à ces accusations, la porte-parole du gouvernement, Yolande Makolo, a qualifié les propos de Ndayishimiye de surprenants, soulignant que, loin de la confrontation, des discussions bilatérales étaient en cours entre les responsables militaires et sécuritaires des deux pays pour garantir la sécurité à la frontière, en tenant compte de la situation à l’est de la RDC.

Le gouvernement a toujours nié toute intention d’attaquer le Burundi. Cependant, en janvier 2024, lors de sa visite à Kinshasa, Ndayishimiye avait déclaré qu’il aiderait la jeunesse rwandaise à renverser son propre gouvernement, estimant que cette dernière vivait comme des prisonniers dans la région.

Le président Ndayishimiye, a averti que si le RED Tabara lançait une attaque contre Bujumbura, l’armée burundaise riposterait en ciblant Kigali

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