Mensonge officiel et litanie de violences dans le Katanga

Redigé par Tite Gatabazi
Le 14 janvier 2026 à 11:33

Le drame survenu à Bukama, dans le Haut-Katanga, le 11 janvier 2025, où des civils désarmés, hommes, femmes et enfants ont trouvé une mort violente, constitue un point d’inflexion dramatique dans l’histoire contemporaine de la République démocratique du Congo.

L’accusation portée par l’opposant Olivier Kamitatu selon laquelle les Forces armées de la RDC (FARDC) seraient responsables de ce massacre et que l’État aurait tenté d’instrumentaliser la narration officielle pour présenter les victimes comme des membres des Wazalendo, révèle un processus de falsification et de manipulation de l’information d’une gravité extrême.

Ce n’est plus seulement une erreur de communication ou une maladresse bureaucratique : c’est, selon les termes mêmes de Kamitatu, un « mensonge d’État, délibéré et répété », signe d’une dérive où la puissance publique se substitue à la vérité pour masquer la violence qu’elle perpètre.

Cette tragédie s’inscrit dans une série noire qui s’étend sur tout le Katanga, depuis Lubumbashi jusqu’à Kilobelobe, Luilu, Kasenga et Kilwa, un chapelet de violences récurrentes qui ponctue la vie quotidienne de populations déjà fragilisées.

Il est particulièrement tragique de constater que cette région, stratégique et vitale pour l’économie nationale par la richesse de son cuivre et de son cobalt, se transforme en champ d’expérimentation d’une gouvernance brutale, où les droits fondamentaux sont sacrifiés sur l’autel du contrôle et de l’impunité.

Pillage systématique des ressources, répression des voix dissidentes, arrestations arbitraires, condamnations expéditives et assassinats ciblés dessinent un tableau d’État en rupture avec sa vocation première : protéger ses citoyens.

L’opposant Olivier Kamitatu, en dénonçant cette litanie de violences, pointe non seulement les responsabilités immédiates des exécutants, mais aussi celles de ceux qui ordonnent, couvrent et légitiment ces exactions.

Son appel à la justice et sa mise en garde selon laquelle « le sang versé ne s’efface pas » et que l’histoire n’absout pas, constituent un rappel solennel : un État qui tue ses propres citoyens perd sa légitimité morale et politique.

Bukama est devenu l’emblème d’une République où le droit à la vie se trouve suspendu au gré des calculs de pouvoir et où la mémoire des victimes devient le dernier rempart contre l’oubli et l’impunité.

Ce massacre, loin d’être un incident isolé, appelle une introspection urgente de l’appareil étatique et une exigence de reddition de comptes à la hauteur des crimes commis.
Il rappelle avec acuité que la souveraineté de l’État n’a de sens que si elle se conjugue avec la protection des vies et la préservation de la justice. L’histoire, implacable, jugera et désignera ceux qui, au lieu de servir le peuple, ont choisi de le trahir.

L’accusation d’Olivier Kamitatu contre les FARDC et l’État révèle une grave manipulation de l’information sur ce massacre

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