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Burundi : la politisation forcée et l’intimidation, des pratiques toujours d’actualité

Redigé par BrenT
Le 26 janvier 2026 à 01:10

Dans un contexte politique et sécuritaire de plus en plus tendu, des pratiques de mobilisation coercitive et d’abus contre la population continuent de susciter inquiétude et dénonciations au Burundi.

La semaine dernière, des élèves de l’École Technique Moyenne Agricole (ETMA) de Makamba, dans la province de Burunga (sud), ont été retirés de leur internat en pleine nuit pour participer à des activités politiques du CNDD‑FDD, le parti au pouvoir.

Malgré la réticence du directeur de l’établissement, les jeunes ont été conduits dans la nuit de vendredi à samedi à Gitega, sous la pression d’un enseignant affirmant agir sur «  instruction du secrétaire général du CNDD‑FDD  », alors qu’il était accompagné d’un agent de police.

Ces événements, qui ont choqué parents et éducateurs, s’inscrivent toutefois dans un climat politique marqué par des abus récurrents d’intimidation et de contrainte, touchant plusieurs couches de la société burundaise.

Mobilisations forcées et cotisations obligatoires

Dans plusieurs localités du pays, des habitants signalent régulièrement des campagnes de collecte de cotisations financières obligatoires destinées à financer des activités du CNDD‑FDD, sous la menace de répercussions administratives pour ceux qui refusent de se conformer. Les montants exigés varient selon les catégories socio‑professionnelles, et les réfractaires risquent parfois de se voir privés de services administratifs essentiels.

Ces pratiques, menées par les membres de la ligue de jeunesse du CNDD‑FDD, les Imbonerakure, obligent les populations à contribuer, de manière arbitraire, en argent ou en nature, sans épargner les personnes vulnérables, comme le rapportent plusieurs témoignages.

Intimidation, harcèlement et violences

Le climat politique burundais reste également caractérisé par des actes d’intimidation, de harcèlement et de violences attribués aux Imbonerakure, souvent en coordination avec les forces de sécurité.

Ces groupes sont régulièrement impliqués dans des agressions contre des membres de partis d’opposition, des activistes ou des citoyens perçus comme critiques à l’égard du pouvoir, créant ainsi une atmosphère de peur qui pèse sur la liberté d’expression et la participation politique.

Dans certaines localités, des affrontements entre Imbonerakure et jeunes d’autres partis ont déjà donné lieu à des passages à tabac, amplifiant les tensions locales à l’approche des échéances électorales.

Un défi majeur pour la démocratie

Le recours à ces méthodes coercitives - mobilisation politique par la force, pressions financières, intimidation physique ou verbale - constitue un défi majeur aux principes démocratiques et à la liberté politique au Burundi.

Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a prolongé en octobre 2025 le mandat de Fortuné Gaétan Zongo, rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Burundi, alors que l’expert burkinabè n’a toujours pas été autorisé à se rendre dans le pays depuis sa nomination en avril 2022.

M. Zongo a à plusieurs reprises exprimé dans ses rapports, de vives inquiétudes concernant la situation des droits humains au Burundi, dénonçant la persistance de violations graves, telles que les exécutions extrajudiciaires, les disparitions forcées, les détentions arbitraires, les actes de torture, les violences sexuelles et les restrictions aux libertés fondamentales.

Dans un climat politique et sécuritaire tendu, les mobilisations coercitives et abus contre la population au Burundi continuent de susciter inquiétude et dénonciations

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