Exactions des FARDC, Wazalendo et FDLR dans des régions burundaises proches de la frontière avec la RDC

Redigé par BrenT
Le 23 janvier 2026 à 05:22

Les régions burundaises avoisinant la frontière avec l’est de la République démocratique du Congo (RDC) sont devenues, depuis décembre 2025, le théâtre de graves violations des droits humains, à la suite de l’arrivée sur le territoire burundais de combattants et miliciens ayant fui les combats au Sud-Kivu. Les autorités locales affirment avoir reçu de nombreuses plaintes de la population.

Ces éléments comprennent des membres des Forces armées de la RDC (FARDC) et leurs collaborateurs, notamment les miliciens Wazalendo, des combattants du groupe génocidaire FDLR, ainsi que des Imbonerakure, ligue de jeunesse affiliée au CNDD-FDD.

Un refuge après une défaite militaire

Depuis 2023, le Burundi et la RDC coopèrent militairement contre le M23 dans l’est congolais. Dans ce cadre, des milliers de soldats burundais (FDNB) ont été déployés aux côtés des FARDC sur plusieurs fronts, dans une coalition régionale visant à contenir la progression du mouvement rebelle.

Cependant, après la défaite militaire subie par les forces coalisées lors de la prise d’Uvira par l’AFC/M23, le Burundi est devenu un refuge de repli pour ces combattants en déroute, malgré la dangerosité et la menace avérée que représentent ces forces, qualifiées pour la plupart de terroristes par plusieurs organisations internationales.

Cette situation soulève de nombreuses interrogations sur le rôle exact de Bujumbura dans le conflit et sur la gestion sécuritaire de ces forces armées étrangères présentes sur son sol.

Exactions contre les civils à Bukinanyana

Une fois au Burundi, ces combattants auraient été regroupés dans des zones habitées, notamment à Muremera et sur la colline Rugano, dans la commune de Bukinanyana, au nord-ouest du pays. Depuis leur arrivée, la population locale dénonce un climat de terreur marqué par des pillages répétés des champs et des récoltes, des incursions violentes sur les marchés locaux, ainsi que des violences sexuelles.

Selon des témoignages, des femmes et des jeunes filles ont été victimes de viols, souvent sous menace de représailles, provoquant des déplacements internes de populations, comme le rapportent plusieurs sources concordantes.

Une présence armée difficilement identifiable

Plusieurs témoignages recueillis sur place affirment que ces combattants ont troqué leurs uniformes contre des tee-shirts aux couleurs du CNDD-FDD, compliquant leur identification et alimentant la confusion au sein de la population.

Cette situation alimente les critiques à l’encontre de Bujumbura, régulièrement pointée du doigt pour son implication dans le conflit congolais, alors même que plusieurs initiatives diplomatiques et régionales visant à restaurer la stabilité dans l’est de la RDC ont été mises en place ces dernières années.

Le choix du Burundi de privilégier une approche essentiellement militaire continue de susciter des inquiétudes, alors qu’un possible redéploiement de ces combattants en RDC se fait de plus en plus évoquer.

De son côté, l’AFC/M23 fustige régulièrement le Burundi pour son soutien militaire à Kinshasa et exige que Bujumbura cesse toute implication dans un conflit qu’il qualifie de strictement congolais.

Pendant ce temps, les populations civiles burundaises vivant le long de la frontière restent les premières victimes de cette situation, prises au piège entre les retombées d’une guerre voisine et la présence incontrôlée de groupes armés responsables de graves exactions.

Les régions burundaises frontalières de l’est de la RDC sont le théâtre de graves violations des droits humains suite à l’arrivée des combattants FARDC, wazalendo et FDLR

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