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Cessez-le-feu de Montreux ou la parole trahie et la légalité bafouée

Redigé par Tite Gatabazi
Le 24 avril 2026 à 12:53

A peine une semaine après la conclusion de l’accord de cessez-le-feu de Montreux, présenté avec emphase comme une promesse de désescalade et un jalon vers la pacification, les faits, dans leur implacable brutalité, viennent en dissiper les illusions.

Tandis que la diplomatie s’évertuait à construire un fragile édifice de confiance, les armes, elles, n’ont jamais véritablement consenti au silence.

Mardi, la zone de Kibati a été la cible de bombardements attribués à l’armée congolaise. Mercredi, c’est Minembwe qui, une fois encore, a subi les assauts de frappes de drones. Deux jours, deux violations manifestes, deux entorses flagrantes à un engagement à peine scellé.

Ce n’est plus là une simple défaillance opérationnelle ou un regrettable incident de terrain : c’est une conduite qui s’inscrit dans une logique de récidive, une forme d’indiscipline stratégique érigée en méthode.

Car il faut nommer les choses avec la rigueur qu’exige le droit international : un cessez-le-feu n’est pas une suggestion, encore moins une option modulable au gré des intérêts du moment. Il constitue une obligation, un serment formel dont la transgression répétée relève d’un comportement délictueux sur la scène des nations.

En persistant dans ces frappes, la République démocratique du Congo se place en porte-à-faux vis-à-vis de ses propres engagements, et adopte, de facto, une posture que l’on ne saurait qualifier autrement que délinquante au regard des normes internationales.

Cette délinquance n’est pas seulement juridique ; elle est aussi politique et morale. Elle érode la crédibilité de l’État congolais, sape les mécanismes de médiation et jette une suspicion durable sur toute parole future émanant de ses autorités.

Car à quoi bon négocier, si l’encre des accords sèche plus vite que la volonté de les respecter ? À quoi bon convoquer la communauté internationale, si c’est pour en tourner aussitôt les résolutions en dérision ?

Plus grave encore, cette persistance dans la violation fragilise les populations civiles, déjà éprouvées par des décennies de conflits. Elle prolonge l’insécurité, alimente les cycles de représailles et entretient une économie de guerre dont les premières victimes sont toujours les innocents.

Il est temps que cette logique de duplicité cesse. Le respect d’un cessez-le-feu ne se proclame pas : il se prouve, dans la retenue, dans la discipline des forces, dans la cohérence entre la parole donnée et l’acte posé.

Faute de quoi, la République démocratique du Congo continuera de se marginaliser sur la scène internationale, non pas comme un partenaire fiable, mais comme un acteur imprévisible, dont la conduite s’apparente davantage à celle d’un contrevenant qu’à celle d’un État de droit.

Et l’histoire, toujours attentive aux manquements répétés, ne manquera pas d’en consigner la trace avec une sévérité que nul artifice rhétorique ne saurait atténuer.

Des bombardements attribués à l’armée congolaise à Kibati mardi et des frappes de drones à Minembwe mercredi constituent en deux jours de nouvelles violations présumées d’un engagement récemment conclu

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