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Kwibuka 32 : à Ottignies-Louvain-la-Neuve, la mémoire portée par une nouvelle génération

Redigé par Karirima Aimable Ngarambe
Le 4 mai 2026 à 05:09

Dans la continuité des commémorations de Kwibuka 32, qui marquent les cent jours du génocide commis contre les Tutsi en 1994 au Rwanda, la communauté rwandaise et ses amis ont organisé des cérémonies dans plusieurs villes belges, notamment Bruxelles, Liège, Bruges, Namur et Ottignies-Louvain-la-Neuve, qui ont déjà accueilli, au cours des semaines passées, leurs cérémonies de commémoration, rassemblant les communautés autour du devoir de mémoire et de la transmission de l’histoire.

Le samedi 2 mai 2026, Ottignies-Louvain-la-Neuve a accueilli une journée de commémoration marquée par la solennité, le recueillement et un engagement fort de la jeunesse.

Parmi les personnalités présentes figuraient Cédric Du Monceau, échevin et représentant du bourgmestre de la ville, Twagira-Mutabazi Eugène, président d’Ibuka Mémoire et Justice-Belgique, ainsi que José Maria Claudel Jabo, coordinateur de Kwibuka 32 à Ottignies-Louvain-la-Neuve. Plusieurs autres représentants du monde politique et associatif ont également pris part à la cérémonie.

La messe commémorative a été célébrée par le Père Pierre Claver Nkusi.

La journée a débuté par un moment de recueillement au monument de la Lutte contre l’Intolérance, situé Place des Sciences, rappelant la nécessité de préserver la vérité historique et de lutter contre toute forme de négationnisme. Des mots de circonstance y ont été prononcés, notamment par Ngizwenayo Iris Kiara.

Elle s’est poursuivie par une marche de recueillement aux flambeaux, reliant la Place des Sciences à la Grand-Place. Dans une atmosphère empreinte de silence et de dignité, cette marche a rassemblé de nombreux participants venus honorer, pour la 32ᵉ fois, la mémoire des victimes du génocide commis contre les Tutsi.

À la Grand-Place, Kelly-Jaison Muganza a prononcé un discours marquant à l’attention des étudiants de l’Université de Louvain-la-Neuve ainsi que de l’assemblée, revenant sur le sens de cette commémoration et sur les raisons de sa tenue au cœur du campus.

La commémoration s’est ensuite poursuivie par une Soirée de la Mémoire, au cours de laquelle Twagira-Mutabazi Eugène, président d’Ibuka Mémoire et Justice-Belgique, a, dans son mot de circonstance, salué l’engagement des jeunes pour leur mobilisation et leur prise de responsabilité dans la transmission de la mémoire. Il a également rappelé le contexte historique ayant conduit au génocide commis contre les Tutsi au Rwanda, tout en rendant hommage au FPR Inkotanyi, qui a mis fin au génocide.

Dans ce même cadre, José Maria Claudel Jabo a, dans son mot du jour, déclaré :

« Aujourd’hui, le flambeau est entre nos mains. Et il n’y a personne d’autre pour le porter.

Kwibuka, en kinyarwanda, signifie “se souvenir”. Mais pour nous, se souvenir ne signifie pas rester prisonniers du passé. Cela signifie regarder la vérité en face, avec dignité, sans détourner les yeux.

Comme l’a rappelé le président Paul Kagame le 7 avril dernier à Kigali :

“Kwibuka, c’est la manière dont nous affrontons et dépassons les divisions qui ont failli nous détruire. Et la vérité, nous la devons à nos morts.” »

La soirée s’est prolongée par une veillée commémorative — Igicaniro, dirigée par Miheto Tatien, lui-même rescapé. Ce moment d’échange et de transmission a permis de renforcer les liens entre générations et de maintenir vivante la mémoire des disparus.

L’une des particularités marquantes de cette édition à Ottignies-Louvain-la-Neuve réside dans l’implication remarquable des jeunes générations. Porteurs du flambeau de la mémoire, ils s’engagent activement pour assurer la transmission de l’histoire et faire vivre les valeurs de dignité, de vérité et de résilience.

Dans les semaines à venir, les commémorations de Kwibuka 32 se poursuivront à Mons, Anvers, Charleroi, Tournai et Leuven, prolongeant ainsi le devoir de mémoire à travers tout le pays.

Plus de trois décennies après les faits, Kwibuka demeure un moment essentiel : celui de se souvenir, de transmettre et de construire ensemble, afin que jamais l’histoire ne se répète.

Cédric Du Monceau, échevin et représentant du bourgmestre de la ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve
Twagira-Mutabazi Eugène, président d’Ibuka Mémoire et Justice-Belgique
La messe commémorative a été célébrée par le Père Pierre Claver Nkusi
La journée a débuté par un moment de recueillement au monument de la Lutte contre l’Intolérance, situé à la Place des Sciences, soulignant l’importance de préserver la vérité historique et de combattre toute forme de négationnisme. Des allocutions ont été prononcées, notamment par Ngizwenayo Iris Kiara
À la Grand-Place, Kelly-Jaison Muganza s’est adressé aux étudiants de l’Université de Louvain-la-Neuve et à l’assemblée, rappelant le sens de la commémoration et sa tenue au cœur du campus
José Maria Claudel Jabo a souligné que le flambeau était désormais entre leurs mains et qu’il n’y avait personne d’autre pour le porter
À Ottignies-Louvain-la-Neuve, Marie-Émilie Gaju et son père, Jean-François Cahay, ont interprété des chants commémoratifs en hommage aux victimes du génocide commis contre les Tutsi
La soirée s’est poursuivie avec la veillée commémorative Igicaniro, dirigée par le rescapé Miheto Tatien, un moment d’échange intergénérationnel pour préserver la mémoire des disparus

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Photo : Emmy Uwimana


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