Les participants ont souligné que garder le silence face aux atrocités du génocide revient à tuer une seconde fois.
L’événement a réuni notamment la bourgmestre f.f. de Namur, Charlotte Bazlaire, Claire Kayirangwa, représentante d’Ibuka-Mémoire et Justice-Belgique, Gakuba Ernest, président de la diaspora rwandaise en Belgique, ainsi que Karugarama Lionel, président de la section de la diaspora rwandaise à Namur, qui a également assuré la coordination de la cérémonie.
Le président des « Territoires de la Mémoire », Michaël Bisschops, venu de la région de Liège, a également pris part à cette commémoration, aux côtés de représentants de diverses associations actives en Belgique.
La commémoration organisée à Namur s’inscrit dans la continuité d’autres événements similaires tenus dans plusieurs villes, notamment Bruxelles, Liège et Bruges.
La cérémonie a débuté au mémorial dédié aux victimes du génocide des Tutsi, situé devant le Palais de Justice de Namur. Ce mémorial a été déplacé depuis le musée MusAfrica afin de le rendre plus visible au public, notamment devant le Palais de Justice, permettant ainsi une meilleure transmission de la mémoire.
La bourgmestre f.f. de Namur, Charlotte Bazlaire, a déclaré à IGIHE :
« C’est un honneur d’être présente ici pour représenter la Ville de Namur lors de cette 32e commémoration. Je pense à toutes les personnes affectées, d’une manière ou d’une autre, par cette tragédie. Trente-deux ans après, les blessures sont toujours présentes. Je suis ici pour rappeler qu’en 1994, une barbarie extrême a eu lieu au Rwanda et pour sensibiliser le monde d’aujourd’hui à l’importance de prévenir les divisions qui peuvent conduire au génocide. »
Elle a ajouté que sa participation constitue un devoir de mémoire afin d’éviter toute banalisation ou oubli de ces événements tragiques. Elle s’est également félicitée du déplacement du mémorial devant le Palais de Justice, soulignant l’importance symbolique de son emplacement visible.
Claire Kayirangwa, représentante d’Ibuka-Mémoire et Justice-Belgique, a remercié les organisateurs ainsi que les participants, y compris les amis du Rwanda :
« Votre présence montre votre volonté que cette histoire ne soit jamais oubliée et qu’un tel drame ne se reproduise nulle part dans le monde. Vous êtes également venus soutenir les survivants et honorer la mémoire de leurs proches disparus. »
Prenant la parole, Michaël Bisschops, président de « Les Territoires de la Mémoire », a insisté sur le fait que garder le silence face à de tels crimes équivaut à une seconde mise à mort :
« Se taire face à une telle barbarie, c’est tuer une seconde fois, car cela ouvre la voie à la répétition. Un génocide ne commence pas avec des armes, mais avec des mots qui déshumanisent. Aujourd’hui est donc un jour pour parler, car nous n’avons pas le droit de nous taire. »
Il a souligné que sa présence depuis Liège témoignait de son engagement à transmettre cette mémoire et à soutenir les survivants.
De son côté, Akoeley Bernard, conseillère au CPAS de Namur, a confié qu’elle n’avait que sept ans en 1994 et qu’elle avait découvert ces événements à la télévision :
« Je ne comprenais pas comment un être humain pouvait commettre de tels actes. J’étais en colère et profondément triste, me demandant pourquoi les journalistes montraient ces images sans pouvoir sauver les victimes. »
Elle a ajouté qu’elle avait compris par la suite que ce n’étaient pas seulement les médias, mais le monde entier qui avait abandonné les Tutsi.
Elle a également souligné que cette tragédie fait partie de l’histoire de la Belgique, en raison des divisions héritées de la période coloniale ayant contribué au génocide.
Dans son intervention, Dorothée Klein, présidente du CPAS de Namur, a également pris la parole pour rappeler l’importance du devoir de mémoire :
« Aujourd’hui, nous nous rassemblons ici, dans la ville de Namur, pour commémorer les victimes du génocide commis contre les Tutsi en 1994, qui a coûté la vie à plus d’un million de personnes. Des familles entières ont été anéanties, tandis que d’autres ont été dispersées à travers le monde.
Se souvenir et partager les témoignages sont essentiels pour que de telles tragédies ne se reproduisent jamais. Nous le faisons ici à Namur, même si ces événements se sont déroulés loin d’ici. Nous nous souvenons également des dix soldats belges tués dès le début, alors qu’ils étaient en mission de maintien de la paix, et qui ne sont jamais revenus.
Même si les mots manquent face à de telles atrocités, le silence n’est pas une option. Nous devons continuer à parler et à nous souvenir, afin que les victimes ne sombrent pas une seconde fois dans l’oubli. Un génocide commence progressivement, lorsque la discrimination devient banalisée ; c’est pourquoi nous devons rester vigilants et le combattre activement. »
La cérémonie a aussi été marquée par le témoignage de Claire Ruyuki, survivante du génocide, qui a évoqué la perte des membres de sa famille et partagé une lettre que son père lui avait écrite, l’encourageant à poursuivre ses études et à faire preuve de courage.
« Aujourd’hui, je suis en vie et j’ai des enfants. Ils sont ma première richesse. Témoigner est essentiel », a-t-elle déclaré.
La journée s’est poursuivie par une soirée commémorative comprenant la projection d’un témoignage sur la vie d’un survivant, Rwayitare Providence, suivie d’un échange avec les psychologues Annick Umutoni Rwampungu et Jacqueline Rwagatare.
Enfin, une veillée de mémoire conduite par Miheto Tatien a permis aux participants de voir des photos de victimes du génocide, de prononcer leurs noms et d’évoquer leurs vies, afin de leur rendre hommage dans la dignité.
Les villes qui accueilleront les prochaines commémorations dans les semaines à venir sont : Louvain-la-Neuve, Mons, Anvers, Tournai et Leuven.














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