Parti du Rwanda en 1994, il affirme avoir rejoint les FDLR en 1999, où il dit avoir participé à la diffusion de l’idéologie du mouvement auprès des membres et des nouvelles recrues. Selon lui, cette doctrine reposait sur une vision hostile du Tutsi, présenté comme un ennemi, indépendamment de son lieu de résidence.
« Ce que nous enseignions surtout, c’était la méchanceté du Tutsi, telle que nous l’avions apprise lorsque nous étions encore au Rwanda », a-t-il déclaré, décrivant un endoctrinement structuré au sein du mouvement.
En 2000, il indique avoir suivi une formation en renseignement, un domaine dans lequel il a ensuite exercé des responsabilités au sein de la direction des FDLR. Il décrit une organisation interne structurée en commissions comparables à des ministères, avec des responsables et des équipes dédiées.
Ses fonctions, précise-t-il, consistaient notamment à collecter des informations, analyser les défis du mouvement, recruter de nouveaux combattants et entretenir des relations avec diverses forces et communautés présentes dans la région, notamment les FARDC et d’autres groupes armés locaux.
Niyonzima affirme également que l’idéologie des FDLR conduisait à des dérives graves, où toute personne perçue comme associée aux Tutsi pouvait être considérée comme suspecte, maltraitée ou envoyée en première ligne sur le champ de bataille. Il soutient que cette vision reposait sur une perception généralisée de l’ennemi, quel que soit son pays de résidence.
Un endoctrinement mêlant religion et politique
Dans son témoignage, l’ancien membre FDLR évoque aussi l’usage de pratiques religieuses détournées à des fins idéologiques. En tant que pasteur, il explique que la Bible était utilisée dans des séances de “prophéties” présentées comme des révélations divines, censées légitimer les objectifs du mouvement, notamment une victoire en cas d’attaque contre le Rwanda.
Il décrit des cérémonies où des individus étaient désignés comme “prophètes”, entrant en transe lors de prières collectives afin de délivrer des messages interprétés comme des directives spirituelles. Selon lui, ces pratiques servaient également à justifier certains choix internes de leadership.
Recrutement et implication de jeunes combattants
Abordant la question du recrutement, Niyonzima conteste l’idée selon laquelle les FDLR serait composé uniquement de combattants âgés. Il affirme que le mouvement a intégré des enfants issus de ses propres membres ainsi que de jeunes Congolais recrutés localement.
Il indique que certains de ces enfants avaient environ 14 ans et recevaient une formation militaire accompagnée d’un endoctrinement idéologique. Le recrutement, selon lui, reposait sur des réseaux organisés opérant dans plusieurs pays de la région.
« Il y avait deux méthodes : recruter nos propres enfants et recruter des Congolais », a-t-il expliqué, évoquant l’existence d’agents chargés de faciliter ces recrutements dans différents territoires.
Regrets et appel au retour
Avec le recul, Niyonzima exprime de profonds regrets sur les années passées dans les forêts de la RDC, qu’il considère aujourd’hui comme une période perdue. Il affirme avoir vécu dans la peur et l’illusion, convaincu à l’époque de la nécessité de son engagement.
Il dit également regretter d’avoir contribué à la diffusion d’une idéologie qu’il qualifie désormais de mensongère et destructrice, notamment concernant les Tutsi.
« Ce qui me fait le plus mal, c’est d’avoir enseigné une idéologie fausse », a-t-il confié, évoquant la découverte d’une réalité de coexistence et de vie commune à son retour, en décalage avec les discours qu’il avait portés.
Il appelle aujourd’hui ses anciens compagnons encore actifs dans les forêts de l’est de la RDC à déposer les armes et à rentrer, estimant qu’ils continuent de perdre des années de leur vie dans un conflit sans issue.
Enfin, il estime que les relations régionales devraient être orientées vers la coopération, affirmant que la confrontation n’apporte aucune solution durable aux tensions persistantes dans la région des Grands Lacs selon ses observations.














AJOUTER UN COMMENTAIRE
REGLES D'UTILISATIONS DU FORUM
Ne vous eloignez pas du sujet de discussion; Les insultes,difamations,publicité et ségregations de tous genres ne sont pas tolerées Si vous souhaitez suivre le cours des discussions en cours fournissez une addresse email valide.
Votre commentaire apparaitra apre`s moderation par l'équipe d' IGIHE.com En cas de non respect d'une ou plusieurs des regles d'utilisation si dessus, le commentaire sera supprimer. Merci!