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L’AFC/M23 accuse la Commission de l’UA de partialité après la dénonciation des frappes de drone à Kisangani

Redigé par IGIHE
Le 7 février 2026 à 06:30

L’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) a accusé la Commission de l’Union africaine (UA) de partialité, affirmant que sa condamnation d’une récente frappe de drone à l’aéroport de Bangoka à Kisangani montre un soutien à ce que l’AFC/M23 décrit comme une grave violence contre les civils menée par le gouvernement congolais et ses alliés.

Dans un communiqué daté du 6 février 2026, le Secrétaire permanent de l’AFC/M23, Benjamin Mbonimpa, a réagi aux déclarations du Président de la Commission de l’UA condamnant une opération de drone menée par le groupe dans la nuit du 31 janvier au 1er février à l’aéroport de Bangoka, dans la province de la Tshopo.

L’AFC/M23 a précisé que l’opération visait une installation militaire utilisée par les forces du gouvernement congolais pour lancer des attaques répétées par drones contre ses positions ainsi que contre des populations civiles dans les zones sous son contrôle en Nord et Sud-Kivu.

Selon le mouvement, depuis près de deux mois, et en particulier depuis le 22 janvier 2026, les civils de Minembwe et du Haut-Plateau font face à une escalade des opérations militaires menées par les forces gouvernementales, utilisant entre huit et douze drones d’attaque opérés par des mercenaires étrangers.

Il affirme que ces drones ont bombardé des zones densément peuplées, notamment Minembwe, Twangiza, Rwitsankuku, Katogota, Sange, le port de Kalundu, Masisi, Walikale, Rutshuru, Lubero, Mwenga et Kalehe, ainsi que des infrastructures civiles telles que des hôpitaux, des écoles et des églises, entraînant la mort de nombreux civils, y compris des femmes et des enfants.

Le Président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a condamné vendredi la frappe de Kisangani, avertissant qu’attaquer des infrastructures situées dans une grande ville pourrait mettre en danger la vie des civils et constituer une violation du droit international.

Il a ajouté qu’en l’absence de preuves démontrant que l’aéroport était utilisé à des fins militaires, l’action pourrait être considérée comme une attaque contre des infrastructures civiles et qualifiée de terrorisme.

En réponse, l’AFC/M23 a rejeté cette qualification, affirmant que l’opération de neutralisation par drone «  visait exclusivement des objectifs militaires  », n’a causé aucune victime civile et avait pour but de protéger les populations innocentes tout en faisant respecter le cessez-le-feu établi dans le cadre de l’Accord de Doha.

Le groupe a soutenu que condamner ce qu’il décrit comme une action défensive sans enquête préalable ni demande d’informations contradictoires place la Commission de l’UA dans une position déséquilibrée et soulève des questions sur son impartialité dans le processus de paix qu’elle est censée diriger.

L’AFC/M23 a également déclaré que qualifier une action qui, selon elle, a contribué à sauver des vies de terrorisme représente un dangereux pas en arrière pour l’Union africaine, affaiblit sa crédibilité morale et s’écarte de son mandat fondamental de protection des peuples africains.

Le mouvement a par ailleurs critiqué la Commission de l’UA pour ce qu’il a appelé son silence sur l’utilisation de mercenaires étrangers opérant des drones d’attaque, rappelant que la Charte de l’Union africaine interdit le recours aux mercenaires.

Le mouvement a conclu en condamnant fermement ce qu’il qualifie de déclaration hâtive et a appelé l’Union africaine à adopter une approche impartiale, responsable et fondée sur les faits, qu’il considère comme la seule voie vers une paix juste et durable en République démocratique du Congo.

L’AFC/M23 a accusé la Commission de l’UA de partialité, estimant que sa condamnation de la frappe de drone à Kisangani soutient la violence du gouvernement congolais contre les civils

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