Elle met à nu une illusion dangereuse, entretenue dans certains cercles diplomatiques : celle qui consiste à réduire la menace des FDLR à une question d’âge biologique, comme si l’usure du temps suffisait à neutraliser une idéologie de haine.
En évoquant ces interlocuteurs qui s’interrogent sur le nombre de combattants encore en vie, parfois nonagénaires, le chef de l’État rwandais dénonce une approche superficielle, presque comptable, d’un phénomène qui relève avant tout de la transmission idéologique.
Car le cœur du problème n’est pas la longévité des individus, mais la survie d’un projet politique fondé sur l’exclusion, la déshumanisation et la violence.
Une idéologie ne meurt pas avec ceux qui l’ont portée hier, lorsqu’elle continue d’être enseignée, ritualisée et inculquée à de nouvelles générations. Former des enfants, les endoctriner, les transformer en combattants, c’est précisément assurer la continuité de cette menace au-delà des corps vieillissants. Feindre de l’ignorer revient à confondre l’apparence du déclin avec la réalité de la reproduction du mal.
Responsabilité régionale et faillite d’une lecture sécuritaire complaisante
L’interpellation du Président Kagame dépasse la seule dénonciation d’une naïveté diplomatique ; elle engage une critique plus large des cadres d’analyse sécuritaire appliqués à la région des Grands Lacs.
En minimisant la dangerosité des FDLR sous prétexte de l’âge de certains de leurs membres historiques, on évacue la question essentielle de la responsabilité des États et des acteurs internationaux dans la persistance de ces groupes armés. Or une idéologie qui recrute, qui forme et qui arme des enfants n’est ni résiduelle ni marginale : elle est active, structurée et profondément nocive.
Cette complaisance analytique a des conséquences lourdes. Elle alimente l’inaction, légitime l’atermoiement et contribue à l’insécurité chronique de toute une région. Elle permet surtout d’éviter les questions qui dérangent : pourquoi ces groupes continuent-ils d’exister ? Pourquoi trouvent-ils des espaces de tolérance, voire de coopération ? Et pourquoi la communauté internationale persiste-t-elle à traiter le symptôme plutôt que la cause ?
En posant une question d’une simplicité désarmante en quoi l’âge rend-il le problème insignifiant lorsque l’idéologie se perpétue ? Le Président Kagame rappelle une vérité politique fondamentale : la sécurité ne se mesure pas à l’usure des hommes, mais à la capacité de démanteler les systèmes qui reproduisent la violence.
Tant que cette réalité sera éludée, les discours rassurants masqueront mal une faillite collective, dont les peuples de la région continuent de payer le prix.














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