Le ministre Nduhungirehe dénonce une opération de communication sur les violences dans l’est de la RDC

Redigé par IGIHE
Le 5 février 2026 à 02:34

Le ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, l’ambassadeur Olivier Nduhungirehe, a vivement réagi à une rencontre organisée à Washington entre le porte-parole du gouvernement congolais et certains membres se réclamant de la communauté banyamulenge, dénonçant une opération de communication destinée à nier les violences commises dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

En effet, le porte-parole du gouvernement de la RDC, Patrick Muyaya, a tenu une rencontre, le 4 février 2025 à Washington D.C., des Congolais d’ethnie tutsie, majoritairement des Banyamulenge, au cours de laquelle ce petit groupe aurait contesté les violences subies par les populations de Minembwe depuis 2017.

Via une publication sur X, Patrick Muyaya a déclaré que ces communautés seraient "victimes d’une instrumentalisation de la part du Rwanda et du mouvement M23", accusant ces derniers de chercher selon lui à diviser les Congolais et diffuser "une propagande mensongère autour de prétendues persécutions".

Réagissant à ces déclarations, le ministre Olivier Nduhungirehe a estimé que des échanges médiatisés dans les salons de Washington ne sauraient remplacer une immersion sur le terrain.

« Une rencontre médiatisée dans de beaux salons à Washington, c’est bien ; mais une visite non guidée de ces individus dans des zones contrôlées par la coalition FARDC-FDLR-Wazalendo-FDNB, ce serait tellement mieux. », a fait savoir le chef de la diplomatie rwandaise.

Parallèlement, l’association ’Mahoro Peace Association’ (MPA), regroupant des Banyamulenge vivant aux États-Unis, a publié un communiqué pour se désolidariser des participants. L’organisation affirme que Me Muhizi et ses compagnons ne représentent en aucun cas la communauté banyamulenge aux États-Unis.

« Ces individus, triés sur le volet et non élus, qui ont rencontré le ministre Muyaya l’ont fait à titre strictement personnel. Leurs déclarations ne reflètent en rien la position officielle de la communauté congolaise Banyamulenge aux États-Unis et ne bénéficient d’aucune légitimité issue de nos structures élues », a indiqué la MPA.

'Mahoro Peace Association' a précisé être la seule structure démocratiquement élue et dotée d’un mandat légitime représentant la communauté congolaise Banyamulenge aux États-Unis

L’organisation précise être la seule structure démocratiquement élue et dotée d’un mandat légitime représentant la communauté congolaise Banyamulenge aux États-Unis, sous la direction de son président, Douglas G. Kabunda.

Alors que Me Muhizi et les membres de sa délégation ont qualifié de mensongères les allégations de persécutions contre les Banyamulenge, plusieurs groupes armés Wazalendo continuent, sur le terrain, de tenir des discours ouvertement hostiles à côté des exactions régulièrement commis et largement documentées.

Selon certains chefs de ces groupes, dont le général William Amuri Yakutumba et John Makanaki, les Banyamulenge seraient des Rwandais et devraient quitter le territoire congolais.

Ces tensions ont de nouveau pris une forme concrète en septembre 2025, lorsque des combattants Wazalendo ont violemment contraint le général de brigade Olivier Gasita à quitter la ville d’Uvira, le traitant de Tutsi, de Rwandais et d’ennemi, avant d’adresser aux Banyamulenge un ultimatum de dix jours pour quitter la ville.

Par ailleurs, la communauté Banyamulenge, ainsi que les Congolais d’ethnie tutsie, demeure l’objet de campagnes de haine et d’exactions qui dépassent le Sud-Kivu.

Au Nord-Kivu, Habyarimana Mbitse, alias Jules Mulumba, porte-parole des Wazalendo, a publiquement désigné les Congolais tutsis comme des ennemis et des traîtres à la nation.

Début janvier 2026, Jules Mulumba a intensifié ses attaques en ciblant le lieutenant-général Pacifique Masunzu, alors commandant de la troisième zone de défense des Forces armées de la RDC, le traitant de traître.

Une accusation d’autant plus controversée qu’elle concerne un officier qui s’était distingué par son refus de rejoindre les groupes armés affirmant défendre les Banyamulenge, en choisissant de rester loyal à l’État congolais.

En outre, plusieurs responsables politiques et proches du gouvernement congolais tiennent régulièrement des propos à caractère haineux envers la communauté tutsie congolaise, à l’instar de l’ancien porte-parole Sylvain Ekenge et du député Justin Bitakwira - parmi tant d’autres - qui vont jusqu’à qualifier ces personnes de «  cafards  » et d’autres termes déshumanisants.

Le ministre Nduhungirehe a estimé que des échanges médiatisés dans les salons de Washington ne sauraient remplacer une immersion sur le terrain

Publicité

AJOUTER UN COMMENTAIRE

REGLES D'UTILISATIONS DU FORUM
Publicité