L’égalité a un parfum singulier : une responsabilité panafricaine

Redigé par Liliane Iradukunda
Le 28 février 2026 à 07:03

Le Mois des Noirs ne saurait être réduit à une commémoration symbolique ni à une dénonciation sélective tournée uniquement vers l’extérieur. Pour nous, Africains conscients de notre histoire et responsables de notre avenir, il doit être un temps de lucidité, de cohérence et d’exigence morale.

Car l’égalité a un parfum singulier : elle ne se décrète pas, elle se prouve.
Elle se manifeste dans la gouvernance, dans la justice et dans la protection effective des peuples.

Le panafricanisme ne peut être un refuge émotionnel ni un discours de circonstance. Il est une conviction profonde, un engagement à refuser toute hiérarchisation des vies africaines, qu’elle soit imposée de l’extérieur ou entretenue de l’intérieur. Revendiquer la dignité noire à l’échelle mondiale tout en tolérant l’injustice, l’impunité et la violence politique sur le continent affaiblit notre parole et trahit notre combat.

Dans la région des Grands Lacs comme dans d’autres espaces africains, les crises prolongées ne sont pas seulement le fruit d’ingérences étrangères ; elles prospèrent également sur la défaillance de la responsabilité politique, l’instrumentalisation identitaire et l’abandon des citoyens.

Là où l’État échoue à protéger, l’égalité s’efface.
Et là où l’égalité s’efface, la souveraineté devient un mot vide.

L’égalité révèle son parfum singulier lorsqu’elle se traduit par des institutions au service du peuple, et non d’intérêts particuliers.

Lorsqu’aucun enfant africain n’est condamné à l’exil, à la peur ou à la mort en raison de calculs politiques.

Lorsqu’on comprend enfin que la stabilité, la sécurité et le développement ne sont pas des privilèges, mais des droits.

Être panafricain, c’est assumer une double exigence :
refuser toute exploitation du continent par des puissances extérieures,
et refuser tout autant que des dirigeants africains gouvernent sans responsabilité, sans vision et sans respect de la vie humaine.

Le Mois des Noirs doit nous rappeler une vérité essentielle :
la dignité ne se mendie pas, elle se construit.
La liberté ne se proclame pas, elle se protège.
Et l’égalité, lorsqu’elle est réelle, se reconnaît à son parfum discret, constant et impossible à contrefaire.

L’humanité ne peut survivre sans responsabilité.
La démocratie ne peut exister sans égalité vécue.
Et l’Afrique ne pourra parler d’une seule voix que lorsqu’aucun Africain ne sera laissé pour compte.

Car l’humanité, c’est la démocratie qui vit par la responsabilité.

Iradukunda Liliane, auteure de l'article

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