L’attaque a eu lieu le 18 mars 1997, trois ans après le génocide contre les Tutsi, à une période où la sécurité était encore fragile, notamment dans les zones proches de la frontière avec le Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo), refuge des auteurs du génocide.
Les élèves, âgés de 17 à 22 ans, étaient pleinement conscients de l’histoire tragique que le pays avait récemment traversée et savaient à quel point la question ethnique avait été au cœur des tensions ayant mené au génocide perpétré contre les Tutsi.
Selon les témoignages des survivants, les insurgés sont entrés dans les salles de classe vers 20 heures, alors que les élèves révisaient leurs leçons. Urimubenshi Emmanuel, élève de sixième année, raconte : « Au début, nous ne comprenions pas ce qui se passait. Nous avons vu de nombreuses personnes vêtues de tenues militaires inconnues. Comme nous avions un générateur et que nous étions habitués à voir des soldats à l’école, nous avons pensé que c’était eux. Mais nous avons vite réalisé qu’il s’agissait d’assaillants. »
Les assaillants ont exigé que les élèves se séparent, Tutsi d’un côté et Hutu de l’autre. Mujawamahoro Marie Chantal, également en sixième année, a répondu : « Nous sommes tous Rwandais. » Elle a été abattue sur le champ, et les tirs ont continué.
Dans les classes de cinquième année, certains élèves, dont Ndemeye Valens et Benimana Hélène, ont eux aussi refusé de se plier aux demandes des assaillants et se sont cachés sous les bureaux. Trois d’entre eux ont été tués, ainsi que d’autres élèves, portant le bilan à sept morts. Sur les 47 élèves présents ce soir-là, 39 ont survécu, certains portant des séquelles jusqu’à aujourd’hui.
Les survivants ont souligné que leur éducation à Nyange, axée sur l’unité, la prière et la coexistence, avait joué un rôle déterminant dans leur résistance et leur refus de se séparer. Urimubenshi se souvient : « La peur était accablante. Même à l’hôpital, nous paniquions à chaque bruit. Mais le gouvernement nous a soutenus pleinement, prenant en charge tous les traitements médicaux et nous aidant à nous remettre. »
En reconnaissance de leur courage, le gouvernement rwandais a décoré les élèves de Nyange comme Héros nationaux en 2001, dans la catégorie « Imena ». Les survivants ont ensuite créé l’association Komezubutwari (« Poursuivre l’Héroïsme »), et certains, comme Sindayiheba Phanuel, maire du district de Rusizi, ont poursuivi une carrière dans l’administration publique.
Aujourd’hui, la résistance des élèves de Nyange reste un symbole de courage et d’unité nationale, commémoré chaque année lors de la Journée des Héros.














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